Au son du glas
Sous le Régime français, les heures sont encore sonnées. À cette époque, le temps s?entend donc plus qu?il ne se voit, puisque les horloges, peu nombreuses dans la colonie, demeuraient un objet de luxe. La cloche de l?église scande ainsi le quotidien des habitants et est le symbole visible et sonore de la communauté. Elle prévient des réunions de l?assemblée, appelle les habitants à combattre divers dangers et annonce les cérémonies. En sonnant l?angélus du matin, du midi et du soir, la cloche de l?église imprime un rythme à la communauté.
Eucharistie, Viatique à la campagne, non daté
Musée de la civilisation, 90-672-328
Eucharistie, Viatique en Bourgogne, non daté
Musée de la civilisation, 90-672-329
Eucharistie, premières communiantes, non daté
Blanchard
Musée de la civilisation, 90-672-330
La première communion
L'apprentissage des valeurs fondamentales en Nouvelle-France se fait en milieu familial et à l'école, tandis que l'apprentissage du catéchisme et des prières se réalise sous l'égide des curés des paroisses. Dès l'âge de dix ans, les enfants sont admis aux enseignements religieux dont la durée de formation varie entre une semaine et deux mois. La première communion clôture cette instruction dont la symbolique est importante non seulement du point de vue spirituel mais social. Outre le fait de permettre aux jeunes de recevoir le corps du Christ, la première communion est leur passage de l'enfance à l'adolescence, leur donnant ainsi l'opportunité de s'impliquer dans les décisions familiales et l'éducation de leurs jeunes frères et soeurs.
Source : Francine Leboeuf, Échos d'antan. Montréal, Éditons Paulines, 1991
Interior of Parish Church, non daté
dans H. A. Ogden, Picturesque Canada, v.1, 1882
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 291.7.22
Le repas festif, non daté
dans Henri-Raymond Casgrain, Guerre du Canada, 1756-1760. Montcalm et Lévis, 1899
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 297.7.21
Sources de vie, 1944
Rolland Boulanger
dans Albert Tessier, La Femme dans l'histoire du Canada, 1944
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 365.7
Le mariage de Lucien, non daté
dans Paul Saunière, Monseigneur, non daté
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 429.6
Le mariage
On accorde beaucoup d'importance au mariage et aux naissances en Nouvelle-France, et la loi tend à les favoriser par des privilèges. La législation coloniale accepte d'emblée d'ailleurs qu'une jeune fille de quatorze ans épouse un jeune homme de seize ans. Et pour cause, jeunes et en santé, ces derniers ont la possibilité d'être fertile plus longtemps et d'accroître la population territoriale. Des faveurs sont donc données aux pères qui acceptent de marier leurs enfants en bas âge, et des présents de la part du roi sont offerts aux familles de dix enfants et plus. En revanche, des pénalités sont données aux hommes qui refusent de se marier, telle que l'interdiction d'aller à la chasse et de faire la traite des fourrures.
Famille heureuse, non daté
Léo Caillé
dans Le Monde illustré, 1903
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 537.6
The Toning of the Bell, non daté
dans Canadian llustrated News, 1882.
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 544.4
Les cloches
Qu'elles carillonnent la tristesse, l'espérance ou la gaieté, les cloches appellent les fidèles à prier et à vivre les événements du moment. Jamais muette, elles remplissent leurs missions religieuse et sociale et apportent la nouvelle à celui qui les entend. Voix de l'Église, elles signalent le commencement de la journée, sonnent l'Angelus du midi, appellent à la prière et dictent le temps de remercier le créateur des bienfaits de la journée. Voix de la communauté, elles avertissent du danger, amènent le souvenir, invitent à célébrer et consolent tous et chacun que le salut du chrétien n'est pas ici-bas mais au ciel.
Les Feux de la Saint-Jean, non daté
dans Le Monde illustré, 1900
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 555.5
Le transport des corps de MM. Sivel et Crocé-Spinelli à la station de Chabenet,
non daté
C. Mayrand
dans L'Opinion publique, 1875
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.7
Une mère désolée, non daté
dans L'Opinion publique, 1975
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.7
Le Bénédicité, non daté
dans L'Opinion publique, 1876
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.8
Une première communion à Dieppe, non daté
Roberts
dans L'Opinion publique, 1879
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 660.4.11
Les sonneurs de cloches à la Giralda, non daté
dans L'Illustration, 1899
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 692.1.3
Le Ber, non daté
Horatio Walker
dans Pierre-Georges Roy, L'Île d'Orléans, 1928
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, 708.3
Incendie du quartier Saint-Roch vu de la Côte-à-Coton vers l'Ouest, 1845
Joseph Légaré
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1991.168
Boîte aux saintes huiles, 1716
Guillaume Loir
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1991.1001.1
Petit cimetière à Sillery, 1920
Simone Hudon
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1993.24486
Le conteur de contes non daté
dans L'Opinion publique, 1871
Musée de la civilisation, collection du Séminaire de Québec, 1993.25327.1
Le Carême brisé, 1848
Cornélius Krieghoff
Collection privée
Le carême autrefois à l'Île d'Orléans
« On ne badinait pas sur l'observance du carême dans les premiers temps de la colonie française au Canada.
Pendant le carême de 1670, Louis Gaboury, habitant du fief de Lirec, en l'île d'Orléans, ayant mangé de la viande sans en demander permission à l'église, fut dénoncé au juge prévôt de Lirec par Etienne Beaufils, un de ses voisins.
Gaboury subit son procès et fut trouvé coupable. Le 26 octobre 1670, le juge prévôt le condamnait à être attaché au poteau public pendant trois heures, puis à être conduit à la porte de la chapelle de l'île d'Orléans, et là, à genoux, mains jointes et tête nue, demander pardon à Dieu, au Roi et à la justice. Il devait en outre payer une amende de vingt livres applicable aux oeuvres pies de sa paroisse et donner à son dénonciateur une vache et une somme équivalente à son profit pendant un an. »
Pierre-Georges Roy, L'Île d'Orléans. Québec, Historic Monuments Commission of the Province of Quebec, 1928.
Seigneurial Dues, non daté
C.W. Jefferys
dans Morden H. Long, A History of the Canadian People, 1942
Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, M-142
La fête de la Saint-Michel
« Une vieille coutume française voulait que la Saint-Michel fût consacrée aux affaires. Nos ancêtres de la vallée du Saint-Laurent, lors de la signature de contrats ou d'actes notariés, ont conservé cette date du 29 septembre comme échéance pour le remboursement des dettes ou le paiement des intérêts. Tout autre compte rendu se faisait traditionnellement à la Saint-Michel.
Ainsi, le seigneur attendait ce jour pour prendre connaissance de la rentabilité du moulin à farine. Le meunier se rendait au manoir pour remettre le bilan de l'entreprise et le relevé complet des moutures. Les administrateurs des grandes seigneuries, souvent gérées par les communautés religieuses, accordaient à cette journée une très grande importance. On analysait alors les performances de chacune et on n'hésitait pas à en informer le meunier, car la comparaison, croyait-on, génère l'émulation. »
Francine Leboeuf, Echos d'antan, Editions Paulines, 1991.