La seigneurie est un mode très méthodique d'exploitation du territoire qui permet une colonisation systématique. La superficie moyenne d'une seigneurie est de 5 km sur 15 km. Les terres y sont orientées nord-ouest et sud-est, et sont perpendiculaires à un cours d'eau, principale voie de communication.
Chaque censitaire reçoit une terre qui forme un rectangle étroit (environ 1600 mètres de profondeur et 150 mètres de largeur). La façade des premières censives concédées donne sur l'eau. On appelle rang la succession de censives le long d'une rivière. Lorsque le premier rang est complet, on concède de nouvelles censives qui formeront un second rang derrière le premier. Une route appelée montée reliera alors les rangs. On poursuit de cette façon jusqu'à ce que la seigneurie soit tout habitée.
Cette répartition des terres, qui défavorise l'apparition de villages, fait que les habitations sont distantes de 150 mètres les unes des autres. On peut voir encore aujourd'hui les traces du régime seigneurial sur le territoire québécois.
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