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Extrait de la troisième section de l'exposition
DIAMANT ÉTERNEL

LE POUVOIR DE LA FOUDRE

Tous les historiens s’entendent pour l’affirmer : c’est en Inde que mention est faite du diamant pour la première fois — en un terme qui, déjà, l’associe à l’éclat et à la puissance.

Le sanskrit désigne le diamant par le mot vajra, « foudre, » ou par indrayudha, l’« arme d’Indra » — ce dieu guerrier hindou qui bataille éclair au poing.

Dès le IVe siècle avant notre ère, un manuscrit sanskrit décrit par le fin détail ce qui caractérise le vajra idéal, à savoir un bel octaèdre. Déjà, l’objet est considéré comme étant de très grande valeur.

DE L'INDE À LA MÉDITÉRRANÉE

À quand remonte l’emploi du mot grec adamas pour désigner le diamant? Difficile à dire, même si l’on sait que l’Inde antique est déjà en contact avec des peuples méditerranéens. Quoi qu’il en soit, la présence de diamants à Rome vers l’an 100 est confirmée par des écrits de Pline l’Ancien, par les gravures de certains saphirs et par des bagues à diamant portées en guise de talismans.

À partir du IVe siècle, la reconnaissance du christianisme va peu à peu faire disparaître les diamants de l’Europe : la jeune religion officielle voit d’un mauvais œil ces talismans romains et pierres magiques orientales! En outre, à la même époque, le commerce du diamant passe sous le contrôle de la Perse et des états du Moyen-Orient — lesquels détournent tout diamant sortant de l’Inde.

L’éclipse européenne du diamant durera près de mille ans... sans pour autant l’effacer des esprits! Car le Moyen-Âge redécouvre les textes anciens sur les pierres. Des lapidaires médiévaux décrivent ainsi à leur tour avec force détails, les pouvoirs des pierres comme remèdes, antidotes ou poisons!

Dès le XIIIe siècle, des routes terrestres et maritimes s’ouvrent avec l’Inde, semant des diamants sur toute l’Europe. La première capitale à faire le commerce actif du diamant est Venise — ville qui voit aussi, sans doute, les premières tailles, peu après 1330.

À la toute fin du XVe siècle, le navigateur portugais Vasco de Gama double le cap de Bonne-Espérance,* ouvrant ainsi aux Européens la route des Indes. Dorénavant, une liaison maritime permet de contourner la péninsule arabique, laquelle faisait obstacle au commerce des diamants!

Bientôt, la région diamantifère de Goa, sur la côte indienne de Malabar, devient un centre commercial portugais majeur du diamant. De Goa à Lisbonne à Anvers, voilà l’Europe séduite à son tour...

* À l’extrême sud de l’Afrique

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