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V. Un canal, des canaux ou la filière diamantaire
Menahem Sevdernish, Alan R. Miciak et Alfred A. Levinston
(Extraits)

Comme pour le pétrole, un autre produit carboné, on appelle en anglais pipelines les étapes du voyage du diamant, de la mine au consommateur. Longtemps, le pipeline a été un conduit (ou canal) unique, plus ou moins entièrement entre les mains de la De Beers. Un canal (channel pour les économistes anglais) se définit comme allant de la source, ici la mine, jusqu’au détaillant. Quelques événements et une évolution de la politique économique mondiale ont provoqué l’accentuation des circuits en dehors du canal unique, si bien que désormais le pipeline du diamant est un système de distribution complexe, à multiples canaux, dont deux sont apparus avec la découverte de diamants en ex-URSS et au Canada. Ces considérations économiques ont leur importance : elles mettent en évidence des techniques et des stratégies exceptionnelles, comme l’est la marchandise écoulée. N’oublions pas que le diamant a une particularité bien à lui : aucune marchandise (légale) ne concentre en si peu de volume autant de valeur. De plus, la variabilité de la production du diamant n’entraîne guère la variabilité des cours, comme c’est le cas pour la plupart des matières premières. Ainsi le diamant échappe-t-il aux règles macro-économiques. Comment est-ce possible ? Pour comprendre, il faut là encore se plonger dans l’histoire…

©Musée de la civilisation RETOUR