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En vente à la boutique du Musée
VII. Tous les diamants ne sont pas égaux ou gemmologie du diamant

Emmanuel Fritsch
(Extraits)

À regarder les diamants au cou des stars du festival de Cannes, dans les devantures des bijouteries ou dans les musées, on pourrait penser que la seule différence entre eux est la grosseur. Eh bien non ! Les diamants ne sont pas nés égaux des entrailles de la Terre et ressortiront encore plus différents des mains du diamantaire. Savoir les reconnaître et les classifier une fois taillés est le travail du gemmologue. La gemmologie se définit en effet comme la science de l’appréciation des gemmes, entre autres du diamant. Elle représente donc l’indispensable préliminaire à la transaction commerciale, le coup d’œil du spécialiste pour donner une bonne connaissance du produit aux parties intéressées. On ne parle pas ici de prix : on établit une classification. Des listes de prix correspondant à chaque case de ce classement existent, la plus célèbre étant le " Rapaport ", ou " Rap ", du bouillant New-Yorkais Martin Rapaport.

Les vrais faux

Le grand public perçoit les pierres synthétiques comme des faux. Pourtant, les diamants synthétiques sont de vrais diamants, de vrais faux devrions-nous dire. Expliquons-nous : une gemme synthétique est par définition une gemme de même composition chimique et de même structure atomique que la gemme naturelle équivalente. La différence principale réside dans le fait qu’une pierre synthétique ne vient pas d’une mine, mais a été entièrement élaborée en laboratoire, en la construisant atome par atome, molécule par molécule, grâce à des procédés de croissance cristalline (chapitre VI). Donc un diamant synthétique est un vrai diamant, en ce sens qu’il possède globalement les mêmes propriétés physiques et chimiques que les diamants naturels. C’est un faux car il ne naît pas de la nature mais de l’industrie humaine.

S’ils se ressemblent tant, comment les reconnaître ? Les spécialistes ont depuis longtemps établi l’existence de subtiles différences entre ces produits de l’industrie et leur équivalent naturel. Les diamants synthétiques " poussent " différemment des diamants naturels : ils développent notamment de vraies faces du cube, inconnues sur les diamants naturels (chapitre I) et englobent parfois des inclusions métalliques. Les défauts cristallins peuvent aussi s’avérer de nature légèrement différente. Cela implique toute une série de zonations, d’inclusions, de comportements en luminescence invisibles à l’œil nu, mais facilement observables par le spécialiste (certes bien équipé). Les gemmologues savent donc reconnaître les synthétiques sans peine, et ceux-ci ne sont pas à craindre par le client soupçonneux.

©Musée de la civilisation RETOUR