XI. Paris qui brille, le marché du diamant à Paris aux xvie et xviie siècles
Michèle Bimbenet-Privat
(Extraits)
Longtemps les diamants furent pour les orfèvres de Paris de ces pierreries rares et mystérieuses que seuls les plus célèbres dentre eux orfèvres des rois et des princes avaient le privilège de sertir dans les montures des vases et des joyaux de leurs puissants commanditaires. Les comptes royaux attestent quau xve siècle il était dusage à la cour de France, comme à celle de Bourgogne, de soffrir un diamant en guise de cadeau de nouvelle année, et sils sont infiniment plus rares que les spinelles, les saphirs, les émeraudes ou les perles fines, les diamants apparaissent néanmoins dans les dépenses dorfèvrerie et de joaillerie princière. Ainsi le Sancy passe-t-il pour avoir appartenu aux ducs de Bourgogne ; ainsi le Gobelet de Bourgogne, unique témoin des collections de cristaux de roche du duc Philippe le Bon, est-il encore orné de fleurs de lys composées de diamants (Vienne, Schatzkammer). Mais bien que les documents abondent pour décrire ces diamants « plats », « pointus », « à losanges » ou « en carré », aucun ne dit par quels circuits commerciaux et sous quelle apparence ils arrivaient sur létabli des orfèvres parisiens.
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