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Le Christ en croix entre les deux larrons

Le Christ en croix entre les deux larrons

Boetius Bolswert

d’après Pierre-Paul Rubens.
vers 1631

Christ on the Cross between the Two Thieves

Boetius Bolswert

after Peter Paul Rubens.
circa 1631

En 1620, l’église des Récollets d’Anvers s’est vu offrir un tableau d’autel, ou retable, peint de la main de Pierre-Paul Rubens. Quelques années plus tard, cette huile sur panneau, intitulée Le Christ en croix entre les deux larrons, est reprise à la craie noire et au lavis par un assistant du maître. Ce dessin, conservé au Trustees du British Museum, a servi directement à Boëtius Bolswert (vers 1580-1633) pour concevoir son estampe, dont le troisième état est daté de 1631. Tardive dans la carrière du graveur, cette œuvre porte les traces d’un métier consommé.

Connue également sous le titre Le Coup de lance, la gravure de Bolswert est taillée dans le même sens que son modèle, et en reprend les mêmes composantes et tonalités. Imposante et forte, la composition souligne le talent technique de l’artiste à traduire avec émotion, vigueur et mouvement cette scène déchirante, et à modeler avec aisance et adresse les personnages. Les trois crucifiés en offrent un bel exemple. Non seulement la torsion des corps témoigne de leur douleur et de leur abandon dans la souffrance, mais le clair-obscur définit bien leurs muscles, donnant ainsi un superbe volume à leur corps.

Cette estampe est une épreuve du deuxième état.

In 1620, the Franciscan Church in Antwerp was offered an altar painting, or altarpiece, painted by Peter Paul Rubens. A few years later, this oil on panel, entitled Christ on the Cross between the Two Thieves, was reproduced in black chalk and wash by one of the master’s assistants. This drawing, kept by the Trustees of the British Museum, was used as a model by Boetius Bolswert (circa 1580-1633) for his engraving, whose third state is dated 1631. Produced late in his career, this work bears the stamp of a consummate engraver.

Also known by the title Le Coup de Lance, Bolswert’s engraving is executed in the same direction as its model, and depicts the same elements and tonalities. The imposing, strong composition highlights the artist’s technical skill in depicting this agonizing scene with emotion, vigour and movement, and in modelling the figures easily and skilfully. The three crucified men are a fine example. Not only do their twisting bodies convey their agony and their surrender to suffering, but the chiaroscuro defines their muscles clearly, giving magnificent volume to their bodies.

This is a second state proof.