Judith et la tÊte d’HolopherneAlexander Vœt II d’après Pierre-Paul Rubens. |
Judith with the Head of HolofernesAlexander Vœt IIafter Peter Paul Rubens. |
|
La décapitation d’Holopherne par Judith est régulièrement confondue avec celle de saint Jean Baptiste. Or, le récit n’est pas similaire et la différence se situe dans l’intention des deux femmes. Alors que Salomé demande la tête du prêcheur à titre de récompense, Judith convoite celle d’Holopherne par vengeance. L’Ancien Testament consacre un livre entier à l’histoire de Judith, héroïne de Béthulie. L’épisode qu’a gravé Alexander Vœt II (vers 1635-après 1695), d’après une huile sur toile de Pierre-Paul Rubens conservée à la Galerie des Offices à Florence et datée de 1620 environ, est celui où Judith vient tout juste de trancher la tête d’Holopherne, chef de l’armée assyrienne. Ce dernier, ayant envahi Béthulie et fait assassiner ses habitants, a suscité la colère de Judith qui s’est jurée de venger son peuple. Elle s’est donc faite connaître d’Holopherne et le séduit. Après un banquet copieusement arrosé, Holopherne s’est écroulé et Judith, saisissant un cimeterre, l’a décapité. Exécutée au burin, l’estampe Judith et la tête d’Holopherne est le fait d’un graveur de métier. Bien qu’il n’ait pas développé outre mesure ses deuxième et troisième plans, il a préféré mettre l’accent sur la victoire de Judith qui, fière et sans scrupule, dépose la tête d’Holopherne dans un morceau de draperie arraché à la colonne, que lui tend sa servante. À droite, en arrière-plan, gît le torse décapité d’Holopherne, avec des gouttes de sang s’écoulant encore de la blessure. Dessinées habilement, Judith et sa servante ont de belles proportions. Modelées adéquatement par un clair-obscur de qualité, réalisé par la juste utilisation d’un système de tailles, elles possèdent une volumétrie convaincante. Scintillantes, les ombres et les lumières alternent au gré de la composition, et leur dégradé, accentué par la souplesse des tailles et contre-tailles, favorise tout autant le rendu des drapés. Cette estampe est une épreuve du premier état. |
The Old Testament devotes an entire book to the story of Judith, the heroine of Bethulia. This engraving by Alexander Vœt II (circa 1635-after 1695), after an oil on canvas by Peter Paul Rubens kept at the Uffizi Gallery in Florence and dated around 1620, illustrates the episode in which Judith has just cut off the head of Holofernes, head of the Assyrian army. The latter had marched against Bethulia and killed its inhabitants, arousing Judith’s anger, who vowed to avenge her people. She meets Holofernes and seduces him. After drinking quantities of wine at a banquet, Holofernes collapses and Judith, seizing a scimitar, cuts his head off. Judith with the Head of Holofernes is the work of an accomplished engraver. He did not develop his second and third planes to any great extent, preferring to emphasize Judith’s victory who, proud and unscrupulous, wraps Holofernes’ head in a piece of drapery torn off the column and given to her by her servant. On the right, in the background, lies Holofernes’ headless body, blood still dripping from the wound. Skilfully drawn, Judith and her servant are well proportioned. Effectively modelled by a clever chiaroscuro, achieved by a precisely executed system of lines, the figures are drawn with convincing volume. Shimmering shadows and light alternate across the composition and their tonal variation, heightened by the fluidity of the lines and cross-hatching, enhances the rendering of the drapery. This is a first state proof. |