Le Martyre de saint LaurentLucas Vorstermand’après Pierre-Paul Rubens. |
The Martyrdom of Saint LawrenceLucas Vorstermanafter Peter Paul Rubens.
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Gravée en 1621, l’estampe relatant Le Martyre de saint Laurent est une œuvre saisissante de Lucas Vorsterman (1595-1675). Taillée à partir d’un dessin attribué à Antoine Van Dyck, qui copie l’huile sur bois de Pierre-Paul Rubens conservée à la Ancienne Pinacothèque de Munich et datée de 1620 environ, elle est dédiée par Rubens lui-même à Laurent Beyerlinck, chanoine et archiprêtre de l’église collégiale de la Vierge Marie. Exécutée au burin, cette gravure illustre le supplice de saint Laurent, un diacre condamné au gril en l’an 258 pour avoir distribué les richesses de l’Église aux pauvres de la ville de Rome, au lieu de les remettre aux autorités chargées de la persécution. Figure centrale de la composition, le martyre chrétien est approché du gril par une troupe de soldats. À ses pieds, un bourreau attise le feu. Au-dessus de sa tête, un angelot, muni d’une branche de rameau, lui amène une couronne de laurier. Dans une niche, à gauche, la statue d’une divinité romaine évoque bien l’époque où les premiers chrétiens étaient confrontés dans leur foi à des croyances païennes encore bien vivantes. Cette estampe témoigne de la grande habilité de Vosterman dans le dessin anatomique. Non seulement a-t-il donné à ses figures des poses complexes où tensions et torsions sont de mise, mais il a rendu avec justesse la définition et le volume des muscles des protagonistes à l’aide d’un clair-obscur nuancé et dégradé, établi par la savante utilisation de tailles et de contre-tailles. Alors que l’ignorance des bourreaux de saint Laurent est évoquée par l’utilisation de noirs profonds, le corps du supplicié apparaît dans une lumière suggérant sa bonté et son dévouement. Mise au carreau, ou quadrillée dans le but d’être reproduite, cette estampe a servi de modèle au peintre canadien Joseph Légaré. Elle est une épreuve du deuxième état. |
Executed in 1621 by Lucas Vorsterman (1595-1675), the engraving The Martyrdom of Saint Lawrence is a striking work. Engraved after a drawing attributed to Anthony Van Dyck, itself a copy of an oil on wood by Peter Paul Rubens kept at the Alte Pinakothek in Munich and dated around 1620, it is dedicated by Rubens himself to Lawrence Beyerlinck, canon and archpriest of the Collegial Church of the Virgin Mary. This engraving depicts the torture of St. Lawrence, a deacon condemned to die on the grill in the year 258 for having distributed the riches of the Church to the poor of the city of Rome, instead of giving them to the authorities responsible for the persecution. The central figure in the composition, the Christian martyr is brought to the grill by a troop of soldiers. At his feet, an executioner stirs the fire. Above his head, a cherub with a palm branch brings him a laurel wreath. In a niche on the left, the statue of a Roman god recalls the era when the early Christians’ faith was tested by still widely held pagan beliefs. This engraving shows Vorsterman’s considerable skill in anatomical drawing. Not only did he give his figures complex twisted poses, but he accurately rendered the definition and volume of the protagonists’ muscles with his nuanced and graduated chiaroscuro, achieved by the clever use of lines and cross-hatching. While the ignorance of St. Lawrence’s executioner is portrayed by the use of deep shadows, the body of the victim is bathed in light suggesting his goodness and devotion. A grid was traced over Vorsterman’s engraving so that it could be reproduced; this print, a second state proof, was used as a model by Canadian painter Joseph Légaré. |