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Clovis ou la France Chrestienne

Clovis ou la France Chrestienne

Nicolaes Pitau

d’après Charles Le Brun.
entre 1657 et 1661 

Clovis or Christian France

Nicolaes Pitau

after Charles Le Brun.
between 1657 and 1661

Formé par son parrain, le graveur Nicolaas Lauwers, l’Anversois Nicolaes Pitau (1632-1671) s’est installé définitivement à Paris en 1656. Reconnu pour avoir gravé d’après Philippe de Champaigne, il a taillé également pour d’autres artistes dont Charles Le Brun, premier peintre du roi sous Louis XIV. Son estampe Clovis ou la France Chrestienne en est d’ailleurs un bel exemple, Pitau ayant repris une composition originale du peintre français.

Le sujet de cette gravure est étroitement lié à l’auteur Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676). En 1657, ce dernier publie en vingt-six chants une œuvre poétique intitulée Clovis ou la France Chrestienne. Cet ouvrage est réédité en 1661, avec la gravure de Pitau en frontispice. Première épopée chrétienne du genre, elle constitue une apologie du Christianisme tout en étant une déclaration de guerre des Modernes contre les Anciens. Basée sur des faits véridiques, cette épopée relate l’histoire de Clovis 1er, roi des Francs (481-511), ardent protecteur de la religion catholique.

La gravure de Pitau illustre donc le roi Clovis 1er en train de se prosterner devant l’allégorie du catholicisme. Accompagnée d’une figure féminine représentant la  France, fille aînée de l’Église – la figure allégorique de la Foi tient une grande croix. Soumis à la religion, Clovis n’hésite pas à fouler aux pieds une sculpture antique démembrée, représentant Hermès avec son casque ailé et son caducée. Le roi montre son allégeance en enjambant délibérément un symbole de l’Antiquité classique et de ses dieux.

Exécutée au burin, cette estampe est fort bien taillée à l’aide d’un dessin maîtrisé et d’un clair-obscur efficace. Constituées principalement de longues tailles et de contre-tailles, les ombres et les lumières sont harmonieuses, offrent des dégradés tout en douceur et donnent un volume agréable aux figures.

Antwerp-born Nicolaes Pitau (1632-1671) trained under his godfather Nicolaas Lauwers and moved to Paris in 1656, where he made engravings after Philippe de Champaigne and other artists including Charles Le Brun, first royal painter under Louis XIV. His engraving Clovis or Christian France is a fine example in kind and was executed after an original composition by the French painter.

The subject of this engraving is closely connected to author Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676). In 1657, the latter published an epic poem in twenty-six cantos entitled Clovis or Christian France. A second edition was published in 1661, with Pitau’s engraving as the frontispiece. The first Christian epic of its kind, it was both a eulogy of Christianity and a declaration of war between the Ancients and the Moderns. Based on true facts, the epic chronicles the story of Clovis I, king of the Franks (481-511) and a fierce defender of the Catholic faith.

Pitau’s engraving depicts King Clovis I prostrating himself before the allegory of Catholicism. Accompanied by a female figure representing France – the eldest daughter of the Church – the allegorical figure of the Faith is holding a large cross. Obedient to religion, Clovis does not hesitate to trample underfoot a broken classical sculpture representing Hermes with his winged helmet and caduceus. The king shows his allegiance by deliberately stepping over a symbol of classical Antiquity and its gods.

This engraving is very well rendered with a masterful drawing and an effective chiaroscuro. Composed mainly of long lines and cross-hatching, the shadows and light are smooth, creating soft tonal variations and giving the figures a pleasing volume.