TEXTE D'HISTORIEN

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Une drôle de parlure

Lettre de Jean-Charles Chapais

Lettre de Jean-Charles Chapais

Le français au 19e siècle : une langue forte, mais influençable

Malgré une forte immigration anglophone au cours du 19e siècle (1801-1900), le français demeure la langue principale des habitants du Québec. Le pourcentage d'anglophones y atteint un sommet en 1861, avec 24,3 %. Ce taux ne cessera cependant de diminuer. En 1871, la plus forte proportion des anglophones du Québec se trouve à Montréal (38 % de la population de l'île), le reste d'entre eux vit surtout dans les régions de la Gaspésie, des Cantons-de-l'Est et de l'Outaouais.

Tous les anglophones ne viennent pas nécessairement d'Angleterre! En 1871, on compte 4,2 % d'Écossais au Québec, ainsi que 10,4 % d'Irlandais. Les Anglais d'Angleterre comptent alors pour 5,9 % de la population du Québec. Seulement une mince portion de ces anglophones appartient à la bourgeoisie ou à la classe des marchands. Mais ce sont eux qui ont le plus de mal à accepter que l'on parle encore français dans une colonie britannique!

La présence de l'anglais au Québec influence le français parlé des Canadiens français. Certains mots anglais sont francisés : ainsi l'expression « set de vaisselle » désigne un service de vaisselle. On utilise aussi parfois directement le mot anglais, par exemple pantry pour parler du comptoir de cuisine et du garde-manger.