C’est en mai 2000 que le ministère de la Culture et des Communications donnait l’autorisation au Musée de la civilisation de préparer des plans et des devis préliminaires. Les travaux de construction de la nouvelle Réserve se sont échelonnés de mai 2002 à juin 2003, sous la supervision de la Société immobilière du Québec, avec l’étroite collaboration du Musée.
Les travaux ont donné lieu à une réserve intégrée, unissant la performance technique et technologique à l’expertise en conservation et le souci du bien-être des employés. Ces trois priorités ont guidé la réalisation du projet. Et il en va ainsi de l’œuvre architecturale de Pierre Thibault qui séduit par la sobriété de ses volumes, sa grande fonctionnalité et la luminosité dont jouissent les espaces communs.
À compter de septembre 2003, le Musée de la civilisation a entrepris le déménagement des collections nationales. Une opération minutieuse qui a nécessité une logistique impressionnante pour l’emballage et le transport des artefacts, leur déballage et leur rangement. Chaque artefact a fait l’objet d’importantes précautions pour le déménagement. Des supports sur mesure, des emballages spécifiques ont été créés notamment pour les objets les plus fragiles.
Pour accueillir les collections nationales, la nouvelle Réserve est dotée de systèmes de rangement mobiles sur rails qui ont permis de maximiser l’espace et le rangement des pièces. Chaque voûte a un plan ainsi que chaque étagère. De plus, chaque objet a été classifié et identifié par un code à barres pour faciliter les recherches et le contrôle.
Un lieu de conservation hautement sécuritaire…
Véritable coffre-fort abritant les collections nationales, la Réserve muséale de la Capitale nationale est un lieu offrant un maximum de sécurité et des conditions environnementales de conservation adaptées à chaque type de collections.
« Le Musée a le mandat de conserver la collection nationale – qui regroupe aujourd’hui près de 225 000 objets –, de l’enrichir et de la développer afin de témoigner de la vie des occupants du territoire et d’en assurer la pérennité. La nouvelle Réserve a été conçue spécifiquement pour répondre aux normes muséologiques reconnues tant sur le plan de l’édifice lui-même qu’en matière de conservation des objets. Elle offre également d’intéressantes perspectives d’expansion en raison de la configuration du bâtiment. Cette réserve muséale est donc pour nous un outil essentiel dans l’atteinte de nos objectifs de conservation, de développement des collections, de partage et de démocratisation. Les collections du Musée se veulent le reflet d’une culture dynamique et créatrice, en plus d’être parmi les plus importantes collections sociétales du Québec », a déclaré la directrice générale du Musée de la civilisation, madame Claire Simard.
Un immeuble fonctionnel
L’édifice de 8 546 m2 répartit quatre fonctions sur trois niveaux : accueil/administration, réception/expédition, réserves et espaces de circulation. Le Musée de la civilisation occupe la majeure partie de ce nouvel édifice, alors que le Musée national des beaux-arts du Québec loue deux réserves totalisant 1 220 m2 pour des œuvres présentant des défis de conservation. Dans un souci d’économie d’espace et de coûts de fonctionnement, les deux musées d’État se partagent les aires communes d’accueil/administration et de réception/expédition.
… et hautement performant
Les voûtes de la nouvelle Réserve sont classées par matériaux plutôt que par catégories d’artefacts : métaux, bois, œuvres d’art/peintures, textiles, spécimens naturalisés et matériaux composites. Ce changement de classification a nécessité une coordination extrêmement précise puisqu’on a littéralement rebâti les collections sous de nouveaux critères. Un contrôle strict du taux d’humidité et de la température pour chacune des voûtes, selon le matériau des objets entreposés, garantit des conditions de conservation optimales.