
Afin de souligner le 400e anniversaire de la ville de Québec, le Musée de la civilisation présente une série de conférences qui permettra de découvrir et redécouvrir les différentes facettes qui entourent son passé et son présent. Une chance unique de rencontrer des personnalités peu ou mal connues qui ont fait d’elle une ville singulière.
L’occasion de distinguer le charme de son urbanisme, et ce, en compagnie de monsieur Jacques Lacoursière, peut-être un des historiens les plus connus au Québec, et des plus passionnés.
Abonnements
Régulier 56 $; Amis du Musée 40 $
Par la poste : jusqu'au 20 septembre 2007
Musée de la civilisation
Service de l’action culturelle et des relations publiques
16, rue de la Barricade, C.P. 155, succ. B
Québec (Québec) G1K 7A6
Sur place : lors de la première conférence, le 25 septembre
Coût par conférence : Régulier : 8 $; Amis du Musée : 6 $
Réservation obligatoire au 643-2158
Nombre de places limité.
« Présence amérindienne à Québec autour de 1608 »
Au retour des Français, en 1632, après la prise de Québec par les Anglais, Français et Montagnais voulurent ne former qu’un seul peuple, les Français se donnant pour mission de sédentariser et de catholiciser les Amérindiens. L’on créa une « réduction » sur le modèle du Paraguay, ce fut la seigneurie de Sillery dont les chefs des « néophytes sauvages des environs de Québec » furent les seigneurs, sous la tutelle des Jésuites. Les guerres iroquoises et surtout les maladies firent obstacle au projet, mais la seigneurie devint un camp de réfugiés parmi lesquels les Hurons qui y habitent toujours.
Denys Delâge est professeur associé au Département de sociologie de l’Université Laval. L’histoire des Amérindiens constitue son domaine central de publications. Il a publié, entre autres, Le Pays renversé, Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est 1600-1664 qui lui a valu le Prix Lionel Groulx du meilleur livre d’histoire et le prix John Porter du meilleur livre canadien de sciences sociales.
« Qui était vraiment Samuel de Champlain? »
Champlain est un individu quasi insaisissable. Pour l’instant, les spécialistes de Champlain sont surtout anglo-protestants : H.P. Biggar, Morris Bishop, Conrad Heidenreich, Joe Armstrong. Et pourtant, certains voudraient qu’il ait été préféré à Dugua de Monts parce qu’il était catholique! Champlain est le personnage le plus considérable de l’histoire de la Nouvelle-France. Il a tous les talents possibles pour son époque : « Les plus communs comme le commerce ou l’art de combattre, les moins répandus comme l’art de naviguer ou la diplomatie, et les plus rares comme la capacité de raconter et de dessiner ». C’est aussi le plus mystérieux. Bien peu de renseignements sur sa naissance, sa formation, son expérience antérieure à 1603. Il emprunte à Jacques Cartier sans le dire et à Henry Hudson dont les exploits le font rager d’impuissance. Tenace, orgueilleux, courageux, il est plus grand que nature, sans doute trop pour certains.
Historien, Denis Vaugeois est l’auteur de diverses études qui portent principalement sur la présence française en Amérique, les Amérindiens et les Juifs. En 1987, il fonde les éditions du Septentrion. De 2001 à 2005, il sera président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et en 2005-2006, coprésident de Montréal, capitale mondiale du livre (MCML).
« Québec à l’époque de la Nouvelle-France »
Alors qu’en 1608 Québec n’est qu’un petit poste de traite, dix ans plus tard, Samuel de Champlain dresse un bilan des ressources de la colonie et espère que ce poste devienne le site d’une grande ville. Par la suite, Québec sera la capitale de la Nouvelle-France, le terminus de la navigation transatlantique et le point de départ de plusieurs expéditions aussi bien missionnaires que commerciales. La ville s’enrichira de quelques marchés publics et hébergera des chantiers de construction navale. Elle sera le cœur de la vie culturelle et cultuelle. Elle demeurera, tout au long de son histoire, le berceau de la présence francophone en Amérique du Nord.
Jacques Lacoursière, animateur de l’émission radiophonique hebdomadaire J’ai souvenir encore, sur les ondes de Radio-Canada de 1994 à 2004, est récipiendaire de plusieurs prix et distinctions dont le prix Gémeaux pour la recherche de la série télévisée Épopée en Amérique. Membre fondateur du journal historique Boréal Express, il s’est donné comme mission de faire connaître et aimer l’histoire du Québec, autant par ses écrits que par la radio, la télévision, le film et les conférences.« L’identité architecturale de Québec »
Tant les visiteurs que les résidants de Québec reconnaissent le caractère unique de cette ville; peu arrivent cependant à décoder l’image d’ensemble qui s’est forgée dans l’imaginaire collectif. C’est que, à travers le temps, cette image a maintes fois changé. Ainsi, la capitale nationale, belle, propre, sécuritaire, aujourd’hui offerte en représentation de la survie des francophones en Amérique ou en tant que siège de l’orthodoxie traditionnelle selon qu’elle se dit au Québec, au Canada ou au monde, n’a plus rien à voir avec la « vieille capitale » qui a vécu jusqu’à la fin des années 1970. À différentes époques de son histoire, l’image de Québec a été construite et reconstruite pour ancrer des identités malmenées, conquérantes, ou encore, pour illustrer des constructions mémorielles.
Luc Noppen est professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal. Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, à l’École des sciences de la gestion et directeur de l’Institut du patrimoine de l’Université du Québec à Montréal. Spécialiste reconnu de l’histoire de l’architecture et de la conservation architecturale au Québec, Luc Noppen a à son actif plus de trente livres et plus de trois cents articles, rapports et communications scientifiques.
« Ces noms de rues qui racontent Québec »
Les rues de Québec sont un grand livre d’histoire à ciel ouvert. Les coins de rues arborent des noms de personnages, d’institutions, d’évènements qui sont autant de repères pour cheminer à travers les quatre siècles de la passionnante éphéméride de la vieille capitale. À l’occasion de la naissance du Grand Québec, fruit de l’épisode des fusions municipales, plus de 800 noms de la grande et de la petite histoire de la ville sont venus s’ajouter à une chronique toponymique déjà fort riche. S’y promener, c’est remonter le temps.
Henri Dorion a consacré sa vie à la géographie et à la toponymie. Homme de grande culture, polyglotte, musicien, il a une connaissance approfondie de l’histoire et de la géographie du Québec. Auteur de nombreux ouvrages, il est l’un des auteurs de la première encyclopédie Le Québec au naturel, une fusion envoûtante de l’art et de la science, une illustration vivante du pays et de ses créateurs.« Faire naître un sentiment d'identité : Les fusions municipales à Québec aux XIXe-XXe siècle »
Dès 1833 naissent au Québec les premières corporations municipales. Le gouvernement du Bas-Canada accorde des chartes aux villes de Québec et de Montréal. Les premières élections municipales se tiendront en avril-mai 1833. Alors que la majorité de la population de l'époque vit en milieu rural; vivre à la ville est le lot de moins du quart de la population. Les fusions municipales qui commencent à Québec en 1889 avec le quartier Saint-Sauveur dans la Basse-ville nous permettent de saisir comment les habitants ont développé leur sentiment d'identité et leur enracinement dans un milieu urbain cosmopolite en pleine transformation.
Réjean Lemoine, historien de formation et ex-conseiller municipal, est recherchiste et chroniqueur à la Société Radio-Canada pour l'émission Ça me dit de prendre le temps, sur les ondes de la première chaîne. Féru d’urbanisme, il a traité aussi bien de la place des marchés publics que des milieux sociaux, de la revitalisation des quartiers en passant par les campus universitaires. La ville n’a donc plus de secret pour lui et sa passion est contagieuse.
« Une contribution trop discrète? Sur la trace des femmes qui ont fait l’histoire de Québec »
Des femmes de tête et d’action se sont illustrées dès les premières décennies de l’histoire de Québec; la grande histoire a ses héroïnes. La participation des femmes à l’histoire de Québec ne se limite évidemment pas à ces figures marquantes. Depuis quatre siècles, les femmes n’ont cessé de déployer leurs énergies, leurs connaissances et leurs talents au service de leurs familles et de la collectivité. Le plus souvent discrètement, elles ont œuvré dans divers domaines d’activité, tels que, entre autres, l’éducation, les services de santé et les services sociaux, les arts et la culture, les affaires, la politique et l’action sociale. Tout en mettant en évidence la contribution des femmes au développement de Québec, nous ferons la rencontre de femmes, connues ou moins connues, qui ont marqué à leur manière l’histoire de Québec.
Chercheuse autonome en histoire et en condition féminine, Lucie Desrochers a œuvré au Conseil du statut de la femme de 1986 à 2002. Elle est également l’auteure de plusieurs publications ainsi que de deux ouvrages historiques dont Œuvres de femmes 1860-1961, éditée par Les Publications du Québec en 2003.
« Les anglophones de Québec »
Québec comporte une face cachée : la ville « pure laine » ne fut peut-être pas si pure après tout, même sous le régime français. En 1850, les Anglos y représentaient encore presque la moitié de la population. Anglophones et francophones, s’ils se sont battus entre eux, ont aussi appris la langue de l’autre et sont parfois tombés amoureux pour fonder des foyers unissant les deux cultures. Un portrait de cette face cachée de Québec, la communauté anglophone : les sites bien connus qui ont été fondés, bâtis ou conservés par les anglophones, les institutions qui ont traversé les siècles, dont le Literary and Historical Society of Quebec et le Quebec Chronicle Telegraph. Aussi, les réalités du côté « anglais » moins connues parce que marginales : les domestiques, les immigrantes, les racoleurs.
Journaliste, commentatrice à la radio, rédactrice et traductrice, Louisa Blair est née à Québec, où sa famille est établie depuis 200 ans. Ses travaux ont été publiés dans de nombreux magazines canadiens, dont The Beaver et Canadian Forum. Elle est l’auteure de l’ouvrage en deux tomes Les Anglos : La face cachée de Québec, parus en 1997.