Au Québec, les tapis réalisés de façon traditionnelle étaient présents dans la majorité des maisons ancestrales. Ils étaient soit tissés, tressés, crochetés ou encore cousus. Malgré le fait qu’on a malheureusement assisté à la disparition de plusieurs beaux exemples, puisque les tapis destinés à des usages courants ont souvent été «usés à la corde», nombre de ces tapis ont été conservés et se retrouvent parmi les objets du patrimoine familial.
Dépendant des choix de l’artisan, mais souvent des matériaux disponibles, les tapis traditionnels sont généralement fabriqués de tissus recyclés provenant d’anciens vêtements ou, encore, de chutes de tissu. Par conséquent, on peut identifier dans le même tapis une variété de matières textiles, offrant une vaste gamme de couleurs, qui ont permis de créer un motif original et, bien souvent, représentatif d’une région, d’une époque. Parmi les tissus utilisés, on remarque, entre autres choses, le coton, le lainage, le jute, la flanelle, la serge, le denim, le feutre, le nylon, etc.
Il faut parfois choisir entre l’idée d’utiliser ou d’exposer un tapis ancien et le désir de le conserver. Quelle que soit la décision, on devrait éviter d’exposer le tapis à un éclairage trop vif qui peut décolorer les couleurs et fragiliser les fibres. L’intensité de la lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, contribue irrémédiablement à la détérioration de tous les genres de textiles. Les tapis anciens peuvent montrer des signes d’usure suite à un usage régulier et à des entretiens répétés.
Compte tenu de la fragilité des fibres, de la diversité des matériaux utilisés et des possibilités de couleurs instables, il n’est pas recommandé de laver un tapis ancien. Lorsqu’il est nécessaire de nettoyer un tapis, on prendra en considération son état de conservation.
Si le tapis est en bon état, on peut faire un dépoussiérage en surface avec l’aspirateur. S’il présente des parties effilochées, des coutures ouvertes ou des pièces déchirées, on utilisera un pinceau à poils doux pour dégager les saletés qui seront aspirées à l’aide d’un aspirateur à faible puissance dont l’embout aura été recouvert d’une mousseline ou d’un morceau de moustiquaire.
S’il devenait absolument nécessaire de nettoyer le tapis plus à fond, y aller avec beaucoup de prudence. D’abord, évaluer si on doit faire appel à un lavage à la main ou à un nettoyage à sec. Dans les deux cas, on doit tenir compte de l’instabilité des couleurs, de la fragilité des fibres et de la possibilité de déformation. Si on opte pour un lavage à la main (à l’eau et au savon), s’assurer de bien rincer le tapis, d’éponger le surplus d’eau avec des serviettes, puis de le laisser sécher à plat.