François de Montmorency-Laval

 

Ruine du Séminaire de Québec

Par un mandat daté du 26 mars 1663, à Paris, monseigneur François de Montmorency-Laval, premier évêque du Canada, fondait le Séminaire de Québec, et, dès le mois suivant, Louis XIV lui accordait des lettres patentes pour cette institution.

Le Séminaire de Québec, communauté de prêtres diocésains, reçut pour première fonction la formation du clergé du pays. Les premiers ecclésiastiques logèrent avec les prêtres et l'évêque lui-même dans le presbytère de la cathédrale. On adjoignit à ce bâtiment, dès 1667, une grande maison en bois placée en forme de croix au chevet de l'église, maison qui hébergea dès lors les ecclésiastiques et leurs directeurs.

À la fin du XVIIe siècle, le Séminaire de Québec était bien établi et prospère. On s'était même senti de force à entreprendre, en 1698, de coûteuses missions en Acadie et en Louisiane.

Le premier incendie du Séminaire, le 15 novembre 1701, consuma le labeur de plus de trente ans. Des bâtiments construits de 1675 à 1696, il ne restait plus que les murs. Le feu fit à nouveau des ravages au Séminaire en 1705, puis en 1865. Seulement quelques murs des bâtiments d'origine sont encore visibles aujourd'hui (1).

Au-delà de son rôle historique, le Séminaire de Québec a constitué un patrimoine archivistique exceptionnel au cours de ses trois siècles d'histoire. Depuis l'arrivée de monseigneur de Laval en 1663, les prêtres ont perpétué à travers les écrits la tradition d'excellence de cette maison d'enseignement. Bien sûr, on y a formé des prêtres, mais on y a aussi formé le noyau d'une nouvelle élite canadienne-française qui allait occuper la plupart des structures politique et économique du pays. Ces documents d'archives débordent largement l'histoire du Séminaire de Québec puisqu'ils contribuent à illustrer l'évolution historique et intellectuelle de la culture française en Amérique du Nord.

(1) Honorius Provost. Historique du Séminaire de Québec. Québec, 1979, pp. 1 et 2.