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Une femme au centre de l'histoire
Découvrir, à travers le regard d'une femme au destin particulier, tout un pan de la vie sociale, politique et économique d'une période fascinante de notre histoire, voilà ce que proposait l'exposition L'époque de Julie Papineau 1795-1862, présentée au Musée de l'Amérique française en 1997.

Nous vous présentons ici quelques extraits de cette exposition divisée en trois actes faisant référence à l'itinéraire des principales étapes de la vie de Julie Papineau, épouse du célèbre patriote.




ACTE I : Québec au tournant du XIXe siècle

Julie Papineau, née Bruneau, passe son enfance et son adolescence à Québec, alors ville portuaire florissante où les Britanniques contrôlent tout. Fille d'un marchand à l'aise de Place-Royale, Julie fait ses études chez les Ursulines. Elle y acquiert une bonne éducation jugée utile à une jeune fille de bonne famille désirant se marier selon son rang social. C'est d'ailleurs à Québec, par l'intermédiaire de son père, élu député à la Chambre d'assemblée, que Julie rencontre celui qui allait devenir son époux, un jeune et brillant avocat très actif dans le Parti canadien, Louis-Joseph Papineau. Ce parti ralliait les francophones qui voulaient conquérir leur part du pouvoir face à la classe dirigeante anglophone fort puissante.

Vue de Québec

Montréal ACTE II :
Montréal, les décennies 1820-1830


À 23 ans, jeune épouse, Julie se retrouve à Montréal. Elle aime la vie citadine et c'est dans ce cadre qu'elle accomplit ses fonctions d'épouse d'un homme politique en vue, de maîtresse de maison, et bientôt de mère de famille. Elle reçoit avec aisance en son salon les nombreux membres du puissant clan Papineau ainsi que certains membres de l'élite canadienne. La femme du gouverneur Aylmer se dit même très impressionnée par les talents d'hôtesse de madame Papineau. De son côté, en 1827, avec l'appui de sa famille, L.-J. Papineau est élu, à Québec, chef du Parti patriote. Il sera, quelques années plus tard, à l'apogée de sa carrière politique.
pièces d'hygiène

histoire map
En ce début du XIXe siècle, la population des villes augmente rapidement. Les navires amènent de nombreux immigrants chassés d'Europe par la famine et la pauvreté. L'hygiène publique laisse à désirer. Les maladies infectieuses font des ravages. Le choléra, le typhus, la variole et même la rougeole frappent mortellement la population du Bas-Canada. La mortalité infantile est élevée et Julie doit faire face aux maladies et aux deuils qui s'abattent sur sa famille et sur la ville.




D'autre part, le mécontentement des francophones est intense et les revendications du Parti patriote vont sans cesse en se radicalisant. La rébellion gronde; elle éclate en 1837 et elle sera durement réprimée. Les uns sont condamnés à la prison ou à l'exil, d'autres exécutés.





L.J. Papineau s'exile aux États-Unis puis en France où Julie ira le rejoindre pour quelque temps. L.J. Papineau ne reviendra au pays qu'en 1845. Il tentera un retour dans l'arène politique mais ne connaîtra plus jamais la ferveur et l'appui dont il jouissait avant la rébellion.
ACTE III :
Montebello, vers 1850


Déçu de la vie publique, l'époux de Julie se réfugie dans sa seigneurie de Petite-Nation. Il entreprend la construction d'un manoir somptueux où il compte attirer femme et enfants. L'Église, à ce moment, occupe une place prépondérante dans la société. Comme beaucoup d'autres, Julie trouve réconfort dans la pratique religieuse alors que le seigneur de Montebello voit les privilèges attachés au régime seigneurial menacés et bientôt abolis. Les enfants et petits-enfants qui entourent alors Julie et Louis-Joseph Papineau seront immortalisés par leur gendre, le peintre Napoléon Bourassa alors qu'Henri Bourassa, leur petit-fils, reprendra le flambeau de la cause nationaliste et fondera le journal Le Devoir.

Manoir Montebello

©Musée de la civilisation