| Julie Papineau, née Bruneau, passe son enfance et son
adolescence à Québec, alors ville portuaire florissante où
les Britanniques contrôlent tout. Fille d'un marchand à l'aise
de Place-Royale, Julie fait ses études chez les Ursulines. Elle y
acquiert une bonne éducation jugée utile à une jeune
fille de bonne famille désirant se marier selon son rang social.
C'est d'ailleurs à Québec, par l'intermédiaire de son
père, élu député à la Chambre d'assemblée,
que Julie rencontre celui qui allait devenir son époux, un jeune
et brillant avocat très actif dans le Parti canadien, Louis-Joseph
Papineau. Ce parti ralliait les francophones qui voulaient conquérir
leur part du pouvoir face à la classe dirigeante anglophone fort
puissante. |

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ACTE II :
Montréal, les décennies 1820-1830
À 23 ans, jeune épouse, Julie se retrouve à Montréal.
Elle aime la vie citadine et c'est dans ce cadre qu'elle accomplit ses fonctions
d'épouse d'un homme politique en vue, de maîtresse de maison,
et bientôt de mère de famille. Elle reçoit avec aisance
en son salon les nombreux membres du puissant clan Papineau ainsi que certains
membres de l'élite canadienne. La femme du gouverneur Aylmer se dit
même très impressionnée par les talents d'hôtesse
de madame Papineau. De son côté, en 1827, avec l'appui de sa
famille, L.-J. Papineau est élu, à Québec, chef du
Parti patriote. Il sera, quelques années plus tard, à l'apogée
de sa carrière politique. |

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En ce début du XIXe siècle, la population des
villes augmente rapidement. Les navires amènent de nombreux immigrants
chassés d'Europe par la famine et la pauvreté. L'hygiène
publique laisse à désirer. Les maladies infectieuses font
des ravages. Le choléra, le typhus, la variole et même la rougeole
frappent mortellement la population du Bas-Canada. La mortalité infantile
est élevée et Julie doit faire face aux maladies et aux deuils
qui s'abattent sur sa famille et sur la ville.
D'autre part, le mécontentement des francophones est intense et les
revendications du Parti patriote vont sans cesse en se radicalisant. La
rébellion gronde; elle éclate en 1837 et elle sera durement
réprimée. Les uns sont condamnés à la prison
ou à l'exil, d'autres exécutés.
L.J. Papineau s'exile aux États-Unis puis en France où Julie
ira le rejoindre pour quelque temps. L.J. Papineau ne reviendra au pays
qu'en 1845. Il tentera un retour dans l'arène politique mais ne connaîtra
plus jamais la ferveur et l'appui dont il jouissait avant la rébellion. |
ACTE III :
Montebello, vers 1850
Déçu de la vie publique, l'époux de Julie se réfugie
dans sa seigneurie de Petite-Nation. Il entreprend la construction d'un
manoir somptueux où il compte attirer femme et enfants. L'Église,
à ce moment, occupe une place prépondérante dans la
société. Comme beaucoup d'autres, Julie trouve réconfort
dans la pratique religieuse alors que le seigneur de Montebello voit les
privilèges attachés au régime seigneurial menacés
et bientôt abolis. Les enfants et petits-enfants qui entourent alors
Julie et Louis-Joseph Papineau seront immortalisés par leur gendre,
le peintre Napoléon Bourassa alors qu'Henri Bourassa, leur petit-fils,
reprendra le flambeau de la cause nationaliste et fondera le journal Le
Devoir. |

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