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Dans la forêt et sur la Cage
Nous sommes trente voyageurs.
À nous les bois et leurs mystères
Qui pour nous n'ont plus de secret!
À nous le fleuve aux ondes claires
Où se reflète la forêt!
À nous l'existence sauvage
Pleine d'attraits et de douleurs!
À nous les sapins dont l'ombrage
Nous rafraîchit dans nos labeurs!
Bravant la foudre et les tempêtes,
Avec leur aspect solennel,
Qu'ils sont beaux ces pins dont les têtes
Semblent les colonnes du ciel!
Lorsque privés de leur feuillage
Ils tombent sous nos coups vainqueurs,
On dirait que dans le nuage
L'esprit des bois verse des pleurs.
Quand la nuit de ses voiles sombres
Couvre nos cabanes de bois,
Nous regardons passer les ombres
Des Algonquins, des Iroquois.
Ils viennent ces rois d'un autre âge
Conter leurs antiques grandeurs
À ces vieux chênes que l'orage
N'a pu briser dans ses fureurs. |
Puis sur la Cage qui s'avance
Avec les flots du Saint-Laurent,
Nous rappelons de notre enfance
Le souvenir doux et charmant.
La blonde laissée au village,
Nos mères et nos jeunes soeurs.
Qui nous attendent au rivage
Tour à tour font battre nos coeurs.
Paroles : Octave Crémazie
![[ Vue de Québec ]](images/quebec14.gif)
Vue de Québec
Gravure de R. Leitch d'après
un dessin de G.H. Andrews |