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Bien conserver les livres anciens
Trucs et conseils

Les livres comptent parmi les objets de famille qui présentent le plus de potentiel de recherche et de documentation. Au delà de la simple valeur marchande, déterminée par l’offre et la demande des bibliophiles et des collectionneurs, plusieurs facteurs combinés permettent d’évaluer l’intérêt d’un livre ancien : ce sont les valeurs d’âge et de rareté, la qualité graphique ou esthétique de l’édition, l’état de conservation et le sujet traité (« à la mode » ou non). En conséquence, un livre peut être relativement ancien (un missel ou un prix de classe, par exemple), mais, s’il été publié à grand tirage, il a peu de valeur de rareté. À l’inverse, un livre plus récent peut avoir une bonne valeur en raison d’un tirage limité.

La valeur marchande des « livres rouges », ces prix de classe et manuels scolaires si fréquents dans nos bibliothèques familiales, peut être fort variable. Les prix de classe, notamment deux livres édités par la maison Mame, n’ont presque aucune valeur monétaire. En revanche, des manuels scolaires (comme celui ci-dessus) jadis très répandus sont aujourd’hui rares et leur prix étonnamment élevé.
L’intérêt d’une bibliothèque personnelle
Une certaine responsabilité vous incombe si vous être dépositaire de la bibliothèque personnelle d’un de vos proches, qu’il ait été collectionneur ou tout simplement amoureux de la lecture. Comme les circonstances font qu’une collection reste rarement longtemps entière, il serait plus que souhaitable d’en établir un catalogue avant qu’elle ne soit un jour dispersée. Un catalogue sera en effet d’une grande utilité pour quiconque voudra éventuellement en savoir plus sur la carrière et les intérêts de la personne qui a créé cette collection. Veillez à noter, outre les références complètes de l’ouvrage, les informations personnelles qu’il contient : date et circonstances d’acquisition, annotations, dédicaces, ex-libris. Ces données seront précieuses pour les chercheurs de demain, tant en généalogie qu’en histoire familiale et locale.

Documenter l’édition
Plusieurs outils s’offrent à vous qui désirez vous informer sur l’intérêt historique ou la rareté de vos livres. Dans le cas d’un ouvrage publié au Québec, vous pouvez comparer votre édition avec celles que conserve la Bibliothèque nationale du Québec (accessible sur le Web) ; vous apprendrez ainsi exactement de quelle édition il s’agit. Pour les ouvrages publiés à l’étranger, la consultation des catalogues en ligne de la Bibliothèque nationale de France, de la British Library et de la Library of Congress vous permettra d’obtenir le même type d’information.
Rappelons qu’il existe à présent un ouvrage de référence sur les livres publiés au Québec ou traitant d’un sujet québécois, soit Laurentiana : guide du collectionneur de livres québécois. Publié par le libraire Michel Villeneuve, l’ouvrage présente sous forme de catalogue l’intérêt historique et esthétique des livres, tout en donnant une indication de leur valeur marchande actuelle. La consultation de cet ouvrage procurera à tous
Une signature, une date ou une estampille apposées sur la page de titre d’un livre peuvent souvent aider à en documenter la provenance, l’histoire, et même celle d’un individu ou d’une famille.
d’heureuses surprises.

Assurer un rangement adéquat
Dans l’environnement domestique, ce que les livres redoutent le plus est une atmosphère humide qui provoque la contamination par moisissure et la persistante « odeur de cave ». On évite donc de ranger des livres dans un sous-sol ou tout autre lieu humide et peu ventilé. Lorsqu’on n’a pas d’autres recours que de les conserver dans des boîtes, il faut choisir un endroit sec, propre et bien aéré, dégagé du sol et protégé des risques de dégâts d’eau et d’inondation. Le meilleur endroit pour ranger les livres reste encore le rayonnage d’une bibliothèque, où on les pose à la verticale, sans trop les serrer, à condition que la reliure soit solide et en bon état. Lorsque le support d’un ouvrage montre des signes de faiblesse, il vaut mieux le poser à plat.

L’option de la reliure
En essayant de réparer soi-même un livre ancien, on risque de causer des dommages encore plus considérables. Combien de couvertures et de pages de livres ont été définitivement abîmées par du ruban adhésif! Il importe donc de confier la réparation d’un ouvrage de valeur à une personne qui utilisera les matériaux adéquats. Comme la restauration d’un livre ancien ou la confection d’une reliure de qualité est relativement onéreuse, il est bon de se fixer des critères. S’il va de soi de confier à un expert la reliure d’un ouvrage de grand prix, il peut être tout aussi pertinent de faire relier un livre auquel on accorde personnellement beaucoup d’importance et qu’on veut conserver longtemps.

Attention!
  • ne pas exposer à la lumière directe du soleil une étagère contenant des volumes et des reliures anciennes ;
  • ne pas ranger les livres dans un sous-sol si celui-ci est humide et peu ventilé ;
  • ne pas trop coincer les livres sur les rayons ;
  • de pas apposer d’estampilles sur des livres anciens, ni le réparer avec des matériaux inadéquats comme du ruban adhésif ;
  • confier le soin des reliures anciennes à des experts.



© Musée de la civilisation, 2000