Article précédent | Article suivant


page accueil courriel carte du site patrmoine à domicile

Bien conserver ses étains
Trucs et conseils

Assiette en étain
Les étains (pewter), omniprésents dans les maisons d’autrefois, sont relativement rares de nos jours. Il s’agit en fait d’alliages d’étain. Ayant un point de fusion peu élevé (230 oC), ces alliages étaient couramment refondus. Plusieurs ont d’ailleurs servi à faire des munitions.

Les étains romains étaient riches en plomb, jusqu’à 30 %, et comme tous les sels de plomb sont toxiques, ils pouvaient causer une intoxication grave : le saturnisme. Les étains des XVIIe et XVIIIe siècles comportaient déjà beaucoup moins de plomb, soit environ 5 %, celui-ci ayant été remplacé progressivement par du cuivre et de l’antimoine.

Vers 1770, le britannia, un alliage d’étain, d’antimoine et de cuivre, est fabriqué en Angleterre. L’utilisation de l’antimoine donne un métal plus dur et l’exclusion du plomb le rend plus brillant (et plus sécuritaire). Ce nouvel alliage, qui renferme au moins 85 % d’étain, est devenu la norme par la suite. Le britannia est parfois recouvert d’une mince couche d’un autre métal (argent ou chrome) ; on parle alors d’un placage. Ces pièces portent généralement les inscriptions suivantes : EPBM (electroplated on Britannia metal) ou CPBM (chromeplated on Britannia metal).
Les étains modernes contiennent environ 4 % d’antimoine et moins de 2 % de cuivre.

Chope en étain
Autres usages des alliages d’étain
Les alliages d’étain servent aussi à d’autres fins, dont l’étamage et la soudure, et donnent une large gamme d’alliages antifriction.

Les articles étamés
L’étamage est le principal usage de l’étain-métal (tin). La tôle de fer étamée (fer-blanc) destinée à la construction et le cuivre étamé utilisé pour la fabrication de contenants illustrent bien cet usage. Les méthodes de production évoluent beaucoup au XIXe siècle, ce qui rend les matériaux beaucoup plus accessibles. En 1810, l’Anglais Peter Durand fera breveter un procédé pour conserver les aliments dans des boîtes de fer-blanc. Il les appellera tin canisters, expression qui deviendra par la suite tins en Angleterre et cans aux États-Unis et au Canada.

Cheval
L’étain entre, en outre, dans la composition du tain, cet amalgame (étain/mercure) métallique appliqué derrière une glace ou un miroir pour réfléchir la lumière. Cette technique étant gardée secrète, Colbert, en 1660, fait venir en France 18 ouvriers vénitiens et accorde privilèges et avantages à la « Manufacture des glaces et miroirs par des ouvriers de Venise ». De nos jours, le dos des miroirs est souvent recouvert d’une mince couche d’argent, ce qui les rend beaucoup plus réfléchissants.

Pas de zèle!
Les étains anciens sont le plus souvent utilisés à des fins décoratives, ce qui les met à l’abri de certains dommages. Il faut cependant se rappeler qu’ils sont constitués d’un métal très tendre qui peut facilement être rayé ou bosselé. De plus, la patine, qui fait toute leur beauté, doit être conservée.

L’eau peut altérer les finis. On doit donc conserver les étains dans un endroit propre et sec et veiller à essuyer dès que possible les surfaces mouillées. Les produits acides attaquent également les surfaces. Les objets ayant un fort pourcentage d’étain sont aussi vulnérables au froid (peste de l’étain).

Un simple dépoussiérage à l’aide d’un chiffon doux, propre et sec suffit à leur entretien.


Attention!
  • ne pas mettre les étains en contact avec une flamme directe ou une source de chaleur;
  • ne pas les laisser longtemps en contact avec de l’eau ou des produits acides;
  • éviter le froid.


© Musée de la civilisation, 2001