18e bulletin du patrimoine



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Textile rouge et blanc
Bien conserver les textiles de couleur
Trucs et conseils

J
usqu’au milieu du 19e siècle, les teintures étaient fabriquées avec des colorants naturels tirés principalement du règne végétal, mais également du règne animal. En 1856, William Henry Perkin découvre le premier colorant synthétique, la mauvéine. À partir de ce moment, de nombreux colorants synthétiques seront développés. La gamme des produits offerts sur le marché atteindra son sommet à la fin de ce siècle.

Entre 1850 et 1875, les techniques de teinture naturelle, avec des colorants indigènes ou exotiques, sont demeurées bien vivantes au Québec. La fin du 19e siècle voit apparaître l’utilisation simultanée des colorants naturels et des colorants synthétiques. Au tournant du siècle, les teinturières abandonneront complètement les produits naturels, à l’exception de l’indigo, qui survivra encore une décennie ou deux. Les artisanes ont été conquises par la facilité d’utilisation et d’approvisionnement, le prix très modique et la gamme chromatique plus étendue que leur offraient les nouvelles teintures. Le mouvement de revalorisation des colorants naturels amorcé par une élite intellectuelle et par le gouvernement dans les années 1930 et 1940 ne semble pas avoir été suivi à l’échelle domestique.

Fragilité des couleurs
Les couleurs ternissent et s’effacent à la lumière, selon un processus cumulatif et irréversible. Plusieurs éléments sont en cause : la nature de la couleur, du mordant et du tissu, la méthode d’application de la teinture, l’intensité lumineuse, l’humidité relative, etc. Les textiles qu’on doit ranger seront remisés dans l’obscurité complète, dans un endroit bien ventilé où la température et l’humidité sont modérées et stables. On les isolera les uns des autres par un emballage approprié. Ceux qui sont exposés dans la maison, dans un encadrement ou sur un mannequin, par exemple, seront protégés de la lumière directe; on fermera les rideaux ou les stores lorsqu’on est absent.

Il faut se garder de modifier les textiles anciens et veiller à les manipuler avec soin pour éviter les taches. Pour les nettoyer, il est préférable de dépoussiérer simplement la surface avec un pinceau à poils souples, en dirigeant la poussière vers l’embout de l’aspirateur. Les textiles anciens ne doivent être lavés ou nettoyés que si on est certain de la résistance des couleurs au lavage et de la solidité du tissu.


Attention!
  • ne pas modifier les textiles anciens;
  • ne pas les exposer à la lumière directe;
  • ne pas les nettoyer ou les laver avant de s’être assuré de la résistance des couleurs et du tissu.


Préparée en collaboration avec Louise Lalonger, restauratrice, Centre de conservation du Québec.


© Musée de la civilisation, 2002