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GILLES CARLE UN CINÉASTE DE PREMIER PLAN

Photo : Idra Labrie
Pour tous les artisans du 7e art, Gilles Carle demeure un modèle, sinon une référence. Pour le grand public, la source même de son inspiration, il est celui qui a su poser un regard juste, tendre et amusé sur notre société. Avec l’exposition Gilles Carle un cinéaste de premier plan, présentée du 21 janvier au 12 décembre 2004, le Musée de la civilisation à Québec rend hommage à ce cinéaste de réputation internationale. L’exposition est présentée en collaboration avec Patrimoine canadien, l’Office national du film du Canada et Vision Globale.

Faire le tour de l’œuvre de Gilles Carle en 150 mètres carrés relève du défi… à l’image de celui qui a su en relever plus d’un au cours de sa carrière. À l’aide d’une sélection de ses œuvres picturales (18 tableaux), de photographies, d’archives et d’objets personnels, d’extraits de films, d’affiches et d’artefacts reliés au monde du cinéma, l’exposition montre l’influence de son talent d’artiste sur l’ensemble de son œuvre cinématographique et donne aux visiteurs un aperçu du processus de réalisation d’un film.

Gilles Carle
Après avoir étudié l’art graphique et la peinture à l’École des Beaux-Arts de Montréal, après avoir été graphiste à Radio-Canada, cofondateur des Éditions de L'Hexagone avec Gaston Miron, scénariste pour l’Office national du film du Canada, Gilles Carle devient une figure de proue dans l’émergence d’une industrie du cinéma tant au Québec qu’au Canada. Sa liberté créatrice l’a amené à explorer et à expérimenter, tant au niveau de la forme que du contenu, avec une audace remarquable. Son œuvre constitue un important héritage pour la défense du cinéma d’auteur.

Photo : Idra Labrie
Un cinéaste
Gilles Carle a participé à la remise en question et aux transformations de l’ONF dont le mandat laissait peu de place au cinéma d’auteur. Désormais, documentaires et œuvres de fiction relèvent d’une même esthétique. Après avoir signé quelques documentaires aux accents très personnels (Dimanche d'Amérique, Percé on the Rocks), il réalise ses premières œuvres de fiction (La vie heureuse de Léopold Z, L’âge de la machine). Parallèlement à la création de longs métrages de fiction, il a travaillé à des projets pour la télévision (La feuille d’érable, Épopée en Amérique), à la réalisation de documentaires (Jouer sa vie) et de films publicitaires.

Authentiquement québécois
Témoin de son époque, observateur de la société dans laquelle il vit, Carle capte avec sa caméra les particularités de l’identité québécoise vécues au rythme des profondes transformations qui frappent le monde. Il aborde avec verve et truculence les contrastes entre la vie urbaine et rurale (La vraie nature de Bernadette, Les mâles), les rapports entre hommes et femmes (Le viol d’une jeune fille douce), l’industrialisation bourgeoise et l’intellectualisme écologique (RED, La mort d’un bûcheron…). Le cinéaste les révèle sous un éclairage à la fois poétique, sentimental et cru. Une œuvre foncièrement avant-gardiste et expérimentale!

Un cinéma d’auteur collectif
Gilles Carle définit son travail comme du cinéma d’auteur collectif. Il privilégie une approche mise en scène qui l’éloigne du cinéma direct. Plutôt que de faire du reportage, voire du documentaire, il place les personnages de ses films dans un espace scénique ouvert et libre où se met en mouvement un univers intimiste, surréaliste, cruel et passionné. C’est un cinéma de l’absurde, de l’exagération poussée jusqu’à l’allégorie. Ses métaphores amplifient des traits de caractères, des types, pour mieux les expliquer. Des films comme La tête de Normande St-Onge, L’ange et la femme, Fantastica, La guêpe et Pudding chômeur en témoignent éloquemment. Certains films à caractère historique de Carle (Les corps célestes, Les Plouffe, Maria Chapdelaine et La postière) posent un regard neuf sur notre histoire en allant au-delà des clichés et interrogent notre importance et notre place dans le contexte nord-américain.

Qualifiant son cinéma d’« œuvre de constatation plutôt que de contestation », Gilles Carle attire l’attention sur des réalités sociales qu’on n’avait encore jamais vues au cinéma. Venez vous en rendre compte, du 21 janvier au 12 décembre 2004 au Musée de la civilisation, en parcourant l’exposition Gilles Carle un cinéaste de premier plan, dont les commissaires sont François Renaud et Réjean-Bernard Cormier. L’exposition est présentée en collaboration avec Patrimoine canadien, l’Office national du film du Canada et Vision Globale.

Renseignements :
Serge Poulin [418] 643-2158
Relations publiques et communications

Émis le : 20 janvier 2004


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© Musée de la civilisation