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GRATIA DEI. LES CHEMINS DU MOYEN ÂGE
DES SIÈCLES D’HISTOIRE SOUS UN NOUVEAU JOUR


Châsses
Châsse de SaintÉtienne
Dernière décennie du 12e siècle
Châsse des Rois Mages
2e quart du 13e siècle
Châsse de la crucifixion
3e quart du 13e siècle
Photo : Jacques Lessard
À 40 ans, ils étaient des vieillards. Ils vivaient dans la terreur de mourir sans avoir fait pénitence. La Bible était leur best-seller. Neuf personnes sur dix étaient des paysans. L’amour comme la guerre faisaient partie des conquêtes chevaleresques. Quelle époque étrange, direz-vous! Pourtant, au-delà de ces images surfaites, saviez-vous que le Moyen Âge est une période effervescente qui a laissé un héritage important à nos sociétés modernes? Du 21 mai 2003 au 28 mars 2004, le Musée de la civilisation remet les pendules à l’heure… médiévale et vous en fait la démonstration avec l’exposition Gratia Dei. Les chemins du Moyen Âge.

L’exposition vous invite à parcourir les voies qu’empruntèrent jadis les chevaliers, les vilains, les trouvères, les paysans, les prélats, les seigneurs et leurs dames. Un itinéraire régi par l’autorité divine mais aussi par celle des hommes. Vous y découvrirez une civilisation riche et originale, étonnante et fascinante, à la fois étrangère et familière. Une grande exposition sur cette grande époque qui a vu naître l’université, le système bancaire, le champagne, la fourchette, le fer à cheval, l’horloge mécanique, le miroir de verre et bien d’autres créations qui ont traversé le temps jusqu’à nous.

Haume de joute et Christ monumental
Heaume de joute
fin du 15e siècle
« Le beau Dieu de Huy »
Christ monumental
vers1240
Photo : Jacques Lessard
Gratia Dei : l’exposition
Gratia Dei. Les chemins du Moyen Âge est élaborée autour de six grands thèmes : l’espace et le temps; la terre et les paysans; la ville et les marchands; croisades et pèlerinages; les autorités; et, finalement, savoirs et communications. Chacune de ces sections nous fait découvrir les importantes transformations qui ont marqué les siècles compris entre l’an 1000 et l’an 1500 et leur impact sur le développement des civilisations. L’exposition met en valeur plus de 350 objets variés provenant d’importantes collections d’Allemagne, d’Angleterre, de Belgique, de France, d’Espagne et des Pays-Bas montrés en Amérique pour la toute première fois, sans oublier de magnifiques pièces tirées des collections du Musée de la civilisation et d’institutions québécoises, comme le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée d’art de Joliette et l’Université Laval.

« Gratia Dei. Les chemins du Moyen Âge confirme nos solides assises internationales et témoigne de la reconnaissance de la muséologie québécoise à l’étranger. Car, c’est entourés de plusieurs spécialistes et experts européens de l’histoire médiévale – provenant de prestigieuses institutions muséales et universitaires – qui se sont joints au comité scientifique présidé par le professeur Didier Méhu, de l’Université Laval, que nous avons pu réaliser un projet d’une telle ampleur », a déclaré la directrice générale du Musée de la civilisation, madame Claire Simard, lors de la visite de presse.

L’espace et le temps
Du Ve au XVe siècles, la société subit de profondes mutations qui se répercuteront sur la relation qu’ont eue les hommes et les femmes du Moyen Âge avec l’espace et le temps, la vie et la mort, le ciel et l’enfer. Ce premier thème fait en quelque sorte le pont entre le Moyen Âge et le XXIe siècle. Des objets remarquables sont présentés dans ce volet. En particulier, une magnifique cloche de l’église de Mehr (vers 1400, Clèves, Allemagne) sert à illustrer l’importance du contrôle du temps à cette époque; puis, le gisant du chevalier de Curton (XIIIe siècle, Musée d’Aquitaine, Bordeaux) témoigne comment les rois, papes et seigneurs se font représenter en sculpture sur leur tombeau. Des livres d’heures, cartes, psautiers… complètent l’illustration de ce thème.

La terre et les paysans
Vivre au Moyen Âge, c’est vivre de la terre. Plus que l’argent ou les bâtiments, c’est la possession du sol qui détermine la richesse. Plus vastes sont ses terres, plus grand est le seigneur et plus nombreux sont les paysans vivant sous sa domination et sa protection. La terre a aussi subi de profonds changements pendant le Moyen Âge. L’outillage relié à l’agriculture a beaucoup évolué et a permis de meilleurs rendements, qui ont conduit à des surplus alimentaires permettant de nourrir les villes de l’époque. On y aborde des thèmes comme l’eau, la forêt, la vigne... De nombreux objets usuels montrent de quelle façon les habitants de l’époque vivaient : objets de la vie quotidienne, en particulier ceux provenant du site archéologique du lac de Paladru (XIe siècle, Musée dauphinois de Grenoble) – plats, ustensiles… –, aquamanile (récipient utilisé pour se laver les mains), iconographie…

Maquette de bourg
Maquette de bourg
Maquettiste : Michel Bergeron
Dessinatrice : Anne Beauchemin
Photo : Jacques Lessard
La ville et les marchands
Dès le début du Moyen Âge, les villes se désagrègent et se dépeuplent. L’Europe occidentale devient rurale. Avec le surplus alimentaire provenant des campagnes, les villes se reconstruisent, à compter du XIe siècle. Elles s’organisent. Les marchands apparaissent et entrent en rapport avec d’autres civilisations. La ville devient petit à petit le centre du pouvoir et des échanges (foires, marchés). Dans cette partie de l’exposition, on y aborde le commerce, le système monétaire, les communes, les exclus (juifs, lépreux). Parmi les pièces majeures présentées dans cet espace, mentionnons : le Trésor de Courpiac (20 pièces de monnaie dans un pot en terre cuite cassé, XIVe siècle, Musée d’Aquitaine, Bordeaux, France), peintures, manuscrits, assiettes de Madrid (XVe siècle, Museo Arqueologico Nacional de Madrid), coffrets…

Croisades et pèlerinages
On imagine rarement les hommes et les femmes du Moyen Âge comme des itinérants. C’est pourtant le cas. Pour parfaire sa vie, le chrétien du Moyen Âge doit se déplacer sur les chemins qui conduisent vers les lieux saints. Les marchands, les chevaliers, les paysans se déplaçaient pour des croisades, pour leur travail, pour des pèlerinages. Des enseignes de pèlerinages, une magnifique sculpture de saint Jacques le Majeur (Saint-Jacques-de-Compostelle), des peintures, des documents iconographiques illustrent magnifiquement le propos.

Bacinet et Chapel
Bacinet à bec de passereau
fin du 14e siècle
Chapel
fin du 15e sicle
Photo : Jacques Lessard
Les autorités
L’autorité se divise en puissance (potestas) et en autorité morale (auctoritas). La puissance se mesure au nombre de terres et d’hommes que l’on domine. Les rois, chevaliers, princes ont de la puissance. L’autorité morale vient de Dieu et de ses médiateurs (la Vierge, les anges, les saints et ceux qui sont placés pour l’exercer : les moines, les prêtres, les évêques). Dans cette section de l’exposition, on retrouve l’évocation d’une cathédrale dont la nef présente, d’un côté, les pouvoirs civils et, de l’autre, les pouvoirs religieux. D’impressionnants objets se retrouvent dans cette section, dont l’aube de l’empereur Frédéric 1er Barberousse (vers 1150, prêt du Catharijneconvent, Utrech, Pays-Bas), des châsses provenant du Musée municipal de l’Évêché à Limoges, les armes du Musée de l’Armée dont un bacinet à bec de passereau (fin du XIVe siècle) et un harnois composite (vers 1480), le beau Dieu de Huy (XIIIe siècle, Belgique), une croix-reliquaire sertie de pierres précieuses du moine-orfèvre Hugo Oignies (XIIIe siècle, Trésor de la cathédrale de Liège)…

Savoirs et communications
Entre les VIe et IXe siècles, des écoles d’un nouveau type font leur apparition autour des cathédrales et des monastères grâce, entre autres, à la volonté de Charlemagne. Elles forment les conservatoires de la culture jusqu’au XIIe siècle, période où se sont créées les premières universités. Autre véritable révolution : le livre. Ce support, constitué de plusieurs feuilles de mêmes dimensions, pliées, posées l’une sur l’autre et cousues à une extrémité, est inchangé depuis ce temps. De nouvelles connaissances, notamment celles du monde arabe et juif, voyagent par le biais des marchands et des croisades. L’Église utilise également l’image pour rejoindre les gens qui savent peu lire. Ainsi, savoirs par l’écrit, par la parole, par la musique, par l’image sont illustrés dans l’exposition par des icônes, des incunables (provenant de la collection du Musée de la civilisation), des livres, des bibles, la châsse de l’archevêque de Canterbury, Thomas Becket (1118-1170)… Les visiteurs peuvent aussi écouter des extraits de musique profane et sacrée et des extraits de sermons.

Sainte-Anne, la vierge et l'enfant Jésus sur la colonne du monde
Sainte Anne, la vierge et l'enfant Jésus sur la colonne du monde
vers 1450
Photo : Jacques Lessard
Art roman et gothique
Qui dit Moyen Âge dit, sur le plan de l’architecture, art roman et gothique, ogives, gargouilles, chapiteaux… Une partie de l’exposition explore ce volet. Ici, le public peut admirer des éléments architecturaux typiques de l’époque et peut visionner un film sur ce sujet.

Atelier de l’armurerie
Toujours dans la salle d’exposition, le Musée propose, pour les familles, l’atelier de l’armurerie. Les jeunes, tout comme leurs parents, sont invités à découvrir, en compagnie d’un guide-animateur (ou guide-armurier), les étapes de fabrication d’une armure ou cotte de mailles. Avant de quitter les lieux, les visiteurs sont invités à endosser la tenue d’un chevalier. Plaisirs en famille assurés!



Gratia Dei : le jeu
Les adolescents sont déjà fascinés par l’époque médiévale. Pour les captiver davantage, le Musée propose une visite alternative de l’exposition sous forme de jeu qu’on réalise à l’aide d’un PC de poche. Une approche nouvelle qui offre la possibilité d’aborder l’exposition par le biais d’un personnage authentique de l’époque : un chevalier, un moine, un marchand ou encore une paysanne. Ainsi, dans chacun des thèmes abordés, vous découvrirez uniquement les objets qui concernent la vie du personnage choisi. Le parcours propose au joueur de répondre à un défi (une mission) en réalisant une série d’épreuves pour lesquelles il obtient un résultat global : adoubement, gain de terre, entrée au monastère ou dans la confrérie des marchands.

Gratia Dei : la publication
Coéditée avec Fides, une magnifique publication complète merveilleusement bien les thèmes abordés dans l’exposition. Des paysans aux seigneurs en passant par les troubadours et les chevaliers, de la révolution agricole à la naissance du livre en passant par l’invention de la notation musicale, les écoles de Charlemagne et les grandes cathédrales, ce livre exceptionnel et abondamment illustré aide à mieux comprendre une civilisation différente qui a tant façonné nos paysages et nos esprits. Didier Méhu, conseiller scientifique de l’exposition et professeur d’histoire et d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’Université Laval, est l’auteur de cet ouvrage qui permettra au visiteur de prolonger son voyage dans le temps pour seulement 34,95 $.

www.gratiadei.com
Tout ce que le public aura vu et aimé dans l’exposition se retrouve sur le site Internet de l’exposition : http://maf.mcq.org/gratiadei. Un beau site, fort bien fait! Il permet d’explorer les différents thèmes abordés dans l’exposition : Le temps et l’espace, La terre et les paysans, La ville et les marchands, Croisades et pèlerinages, Les autorités, Savoirs et communications. Objets et iconographie de l’exposition sont au menu, sur un fond musical d’époque. On présente aussi Gratia Dei : le jeu – et ses personnages – qui fait appel à l’animation. Le site élabore amplement sur les activités culturelles et les ateliers éducatifs gravitant autour de l’exposition. Enfin, pour les visiteurs de l’extérieur, il propose des forfaits « dodo-expo » avec des établissements hôteliers. À vous de cliquer!


Gratia Dei. Les chemins du Moyen Âge, une exposition mémorable!
Entièrement conçue et réalisée par l’équipe du Musée de la civilisation à Québec, en collaboration avec de prestigieuses institutions européennes, Gratia Dei. Les chemins du Moyen Âge devient l’un des événements majeurs de la vie culturelle au Québec, à voir du 21 mai 2003 au 28 mars 2004. Une exposition du Musée de la civilisation de Québec présentée en collaboration avec l’Université Laval, le Museum Catharijneconvent d’Utrecht, le Musée d’Aquitaine de Bordeaux, le Museo Arqueológico Nacional (Madrid), le Trésor de la Cathédrale de Liège et le Westfälisches Landesmuseum für Kunst und Kulturgeschichte (Münster). Avec la collaboration financière des fonds Aim Trimark et du Bureau de la Capitale Nationale. Avec la collaboration promotionnelle de la Société Radio-Canada. Une contribution de Tourisme Québec, de l’Office du tourisme et des congrès de Québec et du Loews Le Concorde à titre d’hôtel officiel.


Renseignements :
Serge Poulin/Agnès Dufour, [418] 643-2158
Relations publiques et communications

Émis le : 20 mai 2003



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