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NOUS, LES PREMIÈRES NATIONS
Quelques objets représentatifs

L'exposition Nous, les premières nations offre à la vue du visiteur plus de 500 magnifiques objets d'origines et de factures diverses : oeuvres d'art amérindiennes et inuit, objets archéologiques, canots, objets de chasse et de pêche, paniers d'écorce, paniers décoratifs, vases, wampums en perles de coquillage, vêtements traditionnels amérindiens et inuit... Ce sont souvent des objets de la vie quotidienne, parfois communs, parfois spécifiques à l'une ou l'autre des nations nous permettent de découvrir ce qu'était la vie traditionnelle de chacune des onze nations avec leurs particularités. Réalisés avec une variété de matériaux - prélevés dans la faune, la flore ou le monde minéral -, ils nous font percevoir les diversités tant géographiques qu'historiques des modes de vie de ces populations. En apprenant à connaître la valeur et le rôle tantôt utilitaire, tantôt symbolique ou légendaire qu'avaient hier ces objets, on comprend mieux ce que sont aujourd'hui ces autochtones.

QUELQUES PIÈCES CHOISIES

Tishunakan eka ka nukuat
pi¸geLe piège qui s'efface
Installation de matériaux naturels, 1992
oeuvre de Diane Robertson (1960-1993)
Innu (Montagnais)
L'oeuvre de Diane Robertson est une réflexion à la fois critique, historique et spirituelle sur les rapports entre l'humanité et son environnement. En tant qu'Autochtone, l'artiste nous rappelle les lourdes conséquences de l'acculturation imposée à son peuple. « Mes oeuvres sont connues comme des rituels. Elles ont quelque chose de sacré. Je veux que par elles soufflent les esprits. »

Costume d'apparat
Laine, cuir, empiècements brodés avec des piquants de porc-épic, poil d'orignal
Début du xixe siècle
Wendake
Huron-Wendat
Tahourenche (François-Xavier Picard) a été chef des guerriers de la nation huronne-wendat de 1840 à 1883. Il revêtait ce costume lors de cérémonies ou de rencontres avec les dignitaires britanniques, notamment avec le prince de Galles, futur Édouard VII, en 1860. Le costume était porté de père en fils dans cette famille de chefs.

Micta wikwas tciman - Rabaska
Écorce de bouleau, bois, racine d'épinette, 1985
Fabriqué par César Newashish, Manawan
Atikamekw
César Newashish, un artisan très respecté de la nation Atikamekw, est décédé en 1995 à l'âge de 92 ans. Il a construit ce rabaska en 1985 pour l'Exposition universelle de Vancouver, dont le thème était les transports. Les canots de cette dimension étaient utilisés pour la traite des fourrures. En français, on les nommait aussi « canots du maître ». Le mot « rabaska », d'origine algonquienne, est passé dans la langue française.

DES SCULPTURES INUIT

Autrefois, la pierre était surtout utilisée par les Inuit pour confectionner les marmites et les lampes à huile. Aujourd'hui, plus de 95 % des sculptures inuit sont réalisées dans ce matériau. Dans les communautés inuit, le métier de sculpteur est ouvert à tous, hommes, femmes et enfants, qui développent généralement leurs techniques en observant les artisans les plus expérimentés. Les artistes inuit puisent la plupart de leurs thèmes dans la vie traditionnelle. L'environnement dans lequel évoluaient leurs ancêtres, les activités quotidiennes des hommes et des femmes, les rites et les croyances, les personnages légendaires occupent ainsi une place prépondérante dans leurs oeuvres. L'exposition propose plusieurs oeuvres provenant de divers fonds de la collection du Musée de la civilisation. À titre d'exemple :

Ours et harfang des neiges
Stéatite, avant 1966
Oeuvre de Jiimi Juuttuq Qungiaq, Kuujjuaq
Les animaux les plus souvent sculptés sont ceux qui avaient une grande importance dans le mode de vie des Inuit : l'ours, le caribou, le béluga, le phoque... Ce sont parfois les animaux eux-mêmes qui sont représentés et parfois leurs esprits.

Inuk et enfants
Stéatite, vers 1970
Oeuvre d'Annie Niviaxi, Kuujjuaraapik
Le thème de la mère et l'enfant est récurrent dans la production artistique inuit. Il reflète le profond attachement des Inuit pour le lien maternel.

Famille
Stéatite. vers 1970
Oeuvre de Tania Qumaluk (l'aînée), Puvirnituq
Les scènes de la vie quotidienne - déplacements en traîneau, groupe autour d'un campement, femmes confectionnant des vêtements, chasseurs et leurs proies... occupent une place centrale dans la production artistique des Inuit.

LES WAMPUMS

Les wampums ont une grande valeur symbolique pour les Amérindiens et logent au coeur de leurs traditions politiques. Jusqu'au xixe siècle, l'échange de wampums accompagnait les rituels diplomatiques amérindiens. Lors des pourparlers entre nations amérindiennes ou avec les Européens, chaque proposition des ambassadeurs était présentée avec un wampum, qui témoignait par la suite des engagements pris de part et d'autre.

Wampum à paroles
Coquillage
Probablement Huron-Wendat
Le wampum à paroles est composé de perles de coquillage montées sur quatre cordelettes. Dans la tradition iroquoienne, il est présenté à celui qui est autorisé à prendre la parole lors des assemblées politiques de la maison longue.

Wampum
Coquillage
Probablement Huron-Wendat
Wampum retrouvé lors de fouilles effectuées sur le territoire de l'ancienne Huronie, au sud de l'Ontario actuel. Des traces de liens entre les perles prouvent que la technique d'assemblage des colliers remonte à une époque très lointaine.

QUELQUES PIÈCES ARCHÉOLOGIQUES

L'exposition regorge de pièces archéologiques témoignant de la longue évolution des peuples autochtones. Plusieurs d'entre elles ont été prêtées par le Laboratoire d'archéologie du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Ces objets remarquables, trouvés sur divers sites archéologiques, datent de 8000 ans à 400 ans avant aujourd'hui : pointes, vases, outils, grattoirs, bifaces, pipes, bijoux...

Vase
Céramique
Sylvicole supérieur, environ 600 ans avant aujourd'hui
Trouvé à l'île Verte (Bas-Saint-Laurent)
Ce vase appartenait probablement à un groupe iroquoien vivant dans la région de Québec. Sa présence sur l'île Verte rappelle que des populations agricultrices fréquentaient l'estuaire du fleuve Saint-Laurent pour y chasser les mammifères marins.

Collier de perles cylindriques
Cuivre et cuir, environ 2 800 ans avant aujourd'hui
Trouvé à Sillery
Ce collier a été retrouvé dans la sépulture d'un homme, sous l'actuel boulevard Champlain, à Sillery, près de Québec. Les perles de cuivre, le seul métal utilisé par les Autochtones, proviennent possiblement du nord du lac Supérieur, ce qui témoignerait d'échanges entre les Amérindiens de cette région et ceux de la vallée du Saint-Laurent à une époque très ancienne.

DES OBJETS TÉMOINS DE LA RENCONTRE DE DEUX MONDES

Dès les premiers contacts avec l'« Ancien Monde », les Autochtones furent fascinés par plusieurs éléments de la technologie européenne, notamment les objets en métal (haches, couteaux, chaudrons en cuivre...) et les armes à feu. Rapidement adoptés par les Amérindiens, ces objets remplaçèrent nombre d'outils traditionnels en os ou en pierre, moins efficaces et souvent très longs à confectionner.

Chaudron
Cuivre rouge, xviie siècle
Trouvé à Québec, Place-Royale, maison Milot Adopté très tôt par les Amérindiens, le chaudron de cuivre européen présentait à leurs yeux une grande valeur utilitaire et symbolique : « la chaudière leur a toujours paru et paraît encore la chose la plus précieuse qu'ils puissent tirer de nous », écrivait Nicolas Denys, en 1672.
Prêt du Laboratoire d'archéologie du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Bagues jésuites
Laiton, 1622-1750
Fabrication européenne
Trouvées à Chicoutimi
Les missionnaires jésuites offraient des bagues aux Amérindiens. On y retrouve souvent le sigle de la Compagnie de Jésus, IHS.

Colliers de perles de traite
Perles de verre
Fabrication européenne
Dès les premiers contacts, les perles de verre servent d'objet d'échange aux Européens, qui s'étonnent de l'intérêt des Amérindiens pour ces « verroteries ». En fait, les perles sont recherchées pour leur effet décoratif, mais aussi parce que l'ornementation personnelle possède une valeur symbolique. Parmi les perles les plus anciennes, on trouve les perles à motif « chevronné », d'origine française.
Musée de la civilisation, dépôt du Séminaire de Québec

DES OBJETS USUELS TRADITIONNELS

sacsSacs brodés - Kahnata tekaseriiertaron
Tissu, perles de verre, fin du xixe siècle
Kahnawake
Kanien'kehaka (Mohawk)
Les Kanien'kehakas établis près de Montréal ont trouvé très tôt un marché important pour leurs produits artisanaux. Au xixe siècle, ils fabriquaient des objets utilitaires, mais aussi des pièces purement décoratives, comme ces sacs de velours brodés.



Mnodaal - Sac à main et Lagalad - Panier-galette
Éclisses de frêne, foin d'odeur
Vers 1900
Abénaquis
Le foin d'odeur caractéristique de la vannerie abénaquise provient surtout des rives du fleuve Saint-Laurent. À une certaine époque, les fermiers de la région le cultivaient pour alimenter l'abondante production des Abénaquis d'Odanak. Dès la fin du xviiie siècle, plusieurs de ces Amérindiens quittaient périodiquement le village pour aller vendre leurs paniers dans les lieux de villégiature de la Nouvelle-Angleterre.

Kokokoonagan - Paniers pour recueillir la sève d'érable
Écorce de bouleau, racine d'épinette, 1975
Fabriqués par Lena Nottaway, Lac-Rapide
Algonquin
Plusieurs sources attestent que les Amérindiens utilisaient l'eau d'érable pour en faire un sirop. La sève était recueillie, bouillie, puis conservée dans des contenants en écorce de bouleau. Certains récipients pouvaient contenir jusqu'à 45 litres de sirop d'érable. C'est aussi au printemps, alors que la sève s'écoule dans l'arbre, que l'on recueillait l'écorce de bouleau.

Tambour
Bois, peau, pennes d'oiseau, 1983
Fabriqué par John Kawapit, Kuujjuaraapik
Cri
Le chant au rythme du tambour est une des pratiques rituelles les mieux connues chez les Amérindiens. Le tambour permet d'entrer en contact avec les esprits susceptibles d'apporter leur aide aux humains. Dans le contexte de la chasse, où ce rituel est toujours observé, le chasseur expérimenté bat le tambour pour demander au maître des animaux d'accorder une chasse abondante.

Ushkuaitshuap - Tente
Écorce de bouleau, 1998
Fabriquée par Paul-Émile Dominique, Betsiamites
Innu (Montagnais)
Lors de la chasse hivernale au gros gibier, les chasseurs doivent parfois dormir loin de leur campement principal. Ils se construisent alors une petite tente d'écorce pour une ou deux personnes. Celle-ci, en forme de dôme, est caractéristique de la nation innue.

UN DOCUMENT HISTORIQUE

Convention de la Baie-James et du Nord québécois
Papier, carton plastifié, 1975
Québec
La Convention de la Baie-James et du Nord québécois, signée avec les Cris et les Inuit en 1975, est le premier traité de l'ère moderne au Québec. Avec ses centaines de pages et d'articles, elle contraste avec les traités de cession territoriale conclus au xixe siècle, dont les termes se résumaient souvent à quelques paragraphes. Coll. Centre d'archives Hydro-Québec, H1/Fonds Hydro-Québec

Serge Poulin

Émis le : 20 octobre 1998.


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