[ titre de communique ]

 Page accueil courriel Plan du site Salle de presse Archives

PAROLE DE PEAU
Une exposition qui laissera son empreinte


Smugglerius
William Pink
D'après Carlini pour William Hunterr
Plâtre
1834 (original 1775)
Photo: Jacques Lessard
Elle est blanche ou de couleur, pileuse ou glabre, douce ou rêche… On la caresse, on la lave, on la soigne, on la maquille, on la sculpte, on la tatoue, on la perce, on l’incise, on la brûle, on la cultive… On la montre, on la cache… C’est la peau! Le plus grand, le plus visible et le plus significatif des organes du corps humain. À compter d’aujourd’hui, le Musée de la civilisation à Québec l’expose dans Parole de peau, présentée jusqu’au 31 août 2003.

Depuis quelques années, la peau connaît un engouement certain. Elle fait l’objet de recherches avancées en dermatologie et en psychologie. Les scientifiques l’explorent et la reconstruisent pour mieux la décoder et la soigner. Tatouage, piercing, scarification… n’ont jamais connu autant d’adeptes. Même les anthropologues et les philosophes questionnent cette peau devenue bien plus qu’une simple enveloppe. Parole de peau, dont le propos est profondément humain, est une des expositions du Musée de la civilisation où la science tient une place de choix. On y aborde la peau à travers sa vulnérabilité, en explorant deux dimensions : identité et frontière qui s’interpénètrent plutôt que de s’opposer, en présentant la peau humaine comme une interface du dedans et du dehors.

Un traitement à l'image du Musée
Peaux tatouées (fragments)
France
XIXe siècle
Peau humaine
Photo: Jacques Lessard
Pour faire cette fascinante incursion dans la peau, de l'épiderme jusqu'au plus profond de l'âme humaine, le Musée propose un métissage de l'art, de la science et de l'anthropologie à partir de prestigieuses collections américaines et européennes. « C'est Parole de peau, une exposition très fidèle à la manière de faire si particulière du Musée de la civilisation. Le choix d'un sujet inusité, une approche multidisciplinaire du contenu, une thématique traitée en profondeur, un univers muséographique sensible, doux, et transparent, en symbiose avec le sujet, ce sont là des qualités qui feront de Parole de peau une exposition qui laissera son empreinte dans l'esprit de nos visiteurs, et nous l'espérons, dans le monde de la muséologie », a déclaré la directrice générale du Musée de la civilisation,
madame Claire Simard, lors de l'inauguration.

« Soutenir Parole de peau sonnait comme une évidence pour L’Oréal; nous avons accumulé, grâce à notre recherche, une telle connaissance de la peau que nous trouvions intéressant de la partager, en particulier à travers un Musée comme celui-ci, qui est un véritable laboratoire d’idées. D’ailleurs, L’Oréal souhaite prolonger ce partenariat avec le Musée de la civilisation de Québec en vue de faire voyager ce beau projet à travers le monde », souligne Jochen Zaumseil, président de L’Oréal Canada qui est le partenaire-présentateur de Parole de Peau.

Peau identité
La peau revêt une dimension sociale et culturelle exceptionnelle. Elle fait le lien entre la nature et la culture, ces deux composantes essentielles de notre identité. La nature a doté la peau de caractéristiques qui la rendent unique (pigmentation, pilosité, topographie…). Mais l’être humain met sa marque, sa touche personnelle sur cette surface de chair (maquillage, bronzage, épilation, bodybuilding, tatouage, piercing, scarification). En conjuguant ainsi la culture à sa nature, la peau devient un outil de langage et un instrument du paraître, témoignant de l’affirmation d’une identité à la fois individuelle et collective.

Table de toilette
Époque gréco-romaine
Ve-Ie siècle av. J-C
Travertin, marbre et bronze
Photo: Jacques Lessard
Peau frontière
La peau est aussi une frontière entre nous et le monde qui nous entoure. Protectrice, la peau est vulnérable, car elle laisse aussi transparaître nos déficiences physiques, nos émotions, nos sentiments comme autant de marques de nos faiblesses physiologiques ou de nos détresses psychologiques. L’apparence de la peau (couleur, vieillissement) peut également devenir un obstacle aux relations sociales en étant confrontée aux préjugés de ceux qui n’apprécient pas la différence ou qui se laissent influencer par la première impression reçue. Enfin, en tant que symbole de l’intégrité, la peau fait le pont entre une science ou une technologie qui veut faire du corps humain une « machine » sans défaillance et un être humain déchiré entre son désir de pérennité et son désir d’humanité.

Un métissage inusité d’objets remarquables
Dès l’entrée, le surprenant Smugglerius (1834, William Pink, plâtre) – l’homme écorché – réussit à lui seul à intégrer parfaitement les notions d’art, de nature et de science et confronte le visiteur à la problématique de l’identité de l’homme moderne. Plus le visiteur évolue dans la salle, plus la question de l’intégrité se pose et se transpose, oscillant entre des pratiques courantes ou exotiques, entre des techniques anciennes ou contemporaines, entre des rituels initiatiques ou symboliques. Il découvre ainsi des images qu’il avait intériorisées ou exorcisées, des conventions et des règles qu’il s’emploie à déjouer ou à reconnaître, une science ou des technologies aussi performantes que contestées.

Regroupés autour de thématiques particulières qui s’enchaînent les unes aux autres, les objets de provenance et de fonctions diversifiées (art, anthropologie et science) sont autant de clés données au visiteur pour comprendre ce que la peau tente d’exprimer ou ce que l’on essaie de lui faire dire. Ici, objets anciens, œuvres contemporaines et artefacts de nature plus scientifique s’entremêlent et se répondent et forment un corpus thématique imposant. Œuvres photographiques d’artistes reconnus (Miguel Ribeiro, Roberto Pellegrinuzzi, Leon Levinstein, Zhang Huan), œuvres contemporaines en trois dimensions (Le Couple de la scarification d’Ousmane Sow, Le Cri de la peau de Reiko Kruk, Femme de Ruth Richard et l’installation L’Obscénité de la surface de Daniel Canogar), œuvres d’art classique (Le Massage, scène de hammam d’Édouard Debat-Ponsan dont c’est la pemière escale en Amérique, Celle qui fut la belle Heaulmière et Le Baiser de Rodin), objets remarquables datant de l’Antiquité à aujourd’hui (palettes à fard, miroirs à main, flacons à maquillage ou à parfums, bigoudis, contenants à rouge à lèvres…) se côtoient savamment pour illustrer les différentes thématiques.

À signaler, en particulier, la collection d’objets d’hygiène et de soins du corps du Deutsches Hygiene-Museum de Dresden (Allemagne) qui sont présentés pour la première fois en Amérique du Nord. Il en est de même des moulages saisissants du Musée des moulages de l’Hôpital Saint-Louis (Paris) et d’une tête maorie tatouée et momifiée du Museum d’histoire naturelle de Lyon.

Celle qui fut la belle heaulmière
Auguste Rodin
1887
Platre patiné
Photo: Jacques Lessard
Une atmosphère enveloppante
Ces objets magnifiques et l’ensemble de l’exposition sont présentés dans une scénographie sobre, mais aussi sensible que sensuelle, toute vêtue de voiles diaphanes. Des éclairages brillamment dosés rappellent les colorations subtiles et nuancées de la peau. La répartition des voiles dans la salle s’inspire des circonvolutions d’une empreinte digitale et délimite le parcours du visiteur. Le prologue de l’exposition convie le visiteur à une expérience sensorielle peu banale. Des sensations qui le toucheront au sens physique comme au sens figuré : pluie de cordes fines, témoignages chuchotés, murmurés à l’oreille du visiteur… Des paroles qui le touchent… des paroles de peau.

Parole de peau, une exposition qui laissera son empreinte dans le monde de la muséologie! Le Musée vous en donne sa parole! Au Musée de la civilisation à Québec, du 27 novembre 2002 au 31 août 2003. Une présentation de L’Oréal – avec une collaboration spéciale de trois marques du groupe, Biotherm, Vichy et L’Oréal Paris –, et la participation de l’Hôtel Dominion 1912, la société Radio-Canada, Le Soleil et le Deutsches Hygiene-Museum de Dresden (Allemagne).


Renseignements :
Serge Poulin, [418] 643-2158
Relations publiques et communications

Émis le : 26 novembre 2002


 Page accueil courriel  Plan du site Salle de presse Archives haut de page

© Musée de la civilisation