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La salle d’eau

Colleen
Je vois dans tes yeux la pitié
Je ne veux pas de ta pitié, de tes mensonges
Tu regardes mon fauteuil au lieu de me regarder
Tu vois tout ce qui ne va pas chez moi au lieu de ne voir que moi.

Gaston
Pourquoi nous voyez-vous comme des spécimens d’exhibition? Croyez-vous vraiment, quand vous nous regardez, que nous ne percevons pas cette fausse pitié dans votre regard et cette condescendance apitoyée, inscrite sur votre visage? Nous savons très bien lire dans l’expression des visages, vous savez!

Louise
Parce qu’un enfant est handicapé, parce qu’il est « tout croche », on a l’impression qu’on doit aussi devenir « tout croche » dans son corps. […] Devant une personne handicapée, on devient mal à l’aise, on n’ose pas s’ouvrir, bien simplement, et la laisser s’ouvrir à son tour. On est mal à l’aise, parce que ça fait mal de voir quelqu’un qui est différent de soi. On a l’impression qu’il doit être triste, qu’il doit être malheureux. Finalement, on préfère ne pas s’approcher, de peur que ça engage à quelque chose. C’est vraiment inconscient, mais on a peur.

Anonyme
Quand je prends mes médicaments, ma famille se sent bien. Si je leur dis que je ne les prends pas, ils se sentent mal. Dans le fond, quand je prends des médicaments, c’est eux qui vont bien et moi qui vais mal.

Alexandre
S’affirmer, c’est vital. Un copain à moi souffrait d’un petit handicap au pouce. Il gardait toujours la main dans sa poche. Je lui ai dit : « Il ne faut pas fuir le handicap. Regarde-moi. Pour cacher le mien, je devrais sortir dans la rue, emballé dans un sac à poubelle ».


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