Joseph-Clovis Kemner-Laflamme est né le 19 septembre
1849. En 1862, il est admis au Petit Séminaire de Québec
et ordonné prêtre dix ans plus tard. En 1875, il est
nommé professeur de physique et professeur titulaire de minéralogie
et de géologie à la faculté des arts. En 1877,
le Séminaire l’envoie se perfectionner à la
Summer School of Geology de Harvard dans le Massachusetts.
Au cours de sa carrière, il enseignera la physique jusqu’en
1893, la botanique jusqu’en 1900 et, par la suite, la minéralogie
et la géologie à la fois au Petit Séminaire
et à l’Université.
Laflamme excelle dans l’art de la vulgarisation. Son style
théâtral attire les foules. Il n’hésite
pas à utiliser les mises en scène flamboyantes afin
d’initier ses élèves et le public aux nouveautés
scientifiques. Il explique, entre autres, les mécanismes
de fonctionnement de la lanterne magique, du phonographe, de l’éclairage
électrique, du téléphone et des rayons X.
Autodidacte et curieux, il voyage beaucoup et il est très
actif au sein de nombreuses sociétés scientifiques.
On lui confiera également l’exploration de la région
du Saguenay. Il étend ensuite ses recherches à la
rive nord du Saint-Laurent, à la rivière Saint-Maurice
et à l’île d’Anticosti. Toutes ses observations
et ses analyses constituent l’essentiel de son œuvre
scientifique et feront de lui le premier géologue du Canada
français.
L’abbé Laflamme a la réputation d’être
un très grand éducateur. Il sera tour à tour
directeur du Petit séminaire de 1881 à 1883, doyen
de la faculté des arts de 1891 à 1901, en plus d’être
à diverses époques, supérieur du Séminaire
et recteur de l’Université Laval. Avant-gardiste, il
suggère même que les sciences soient enseignées
à tous les degrés du baccalauréat et non plus
consacrées uniquement aux deux années de philosophie.
Il propose que l’État offre des bourses d’études
à ceux qui désirent poursuivre leurs études
à l’étranger et organise des écoles professionnelles
afin de préparer les jeunes qui opteront pour une carrière
dans le milieu de l’industrie, en sciences ou en génie
civil. Visionnaire, il prépare le monde de l’enseignement
aux réformes que connaîtra le Québec du 20
e
siècle.