Enseigner : un art et une vocation
       
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Des intellectuels ouverts d'esprit Une formation unique : le cours classique
Le maître et l'élève Une victoire : la fondation de l'Université Laval
 
  Le cours classique

Classe des petits au Séminaire

Classe des petits au Séminaire (Classe préparatoire), sans date
Musée de la civilisation, Archives du Séminaire de Québec,
PH2000-9799


Élèves de syntaxe A, 1974 Élèves de syntaxe A, 1974
Musée de la civilisation, Archives du Séminaire de Québec,
PH2000-9098

 

 

La formation prodiguée dans le cours classique trouve son origine dans un cycle d’études instauré par les Jésuites et appelé ratio atque institutio studiorum. Cet ordre et ce plan d’études ont été en vigueur chez nous jusqu’à la réforme de l’éducation en 1960. Le principe de base de l’enseignement classique prend ses racines dans la pensée grecque et l’adaptation que l’empire romain en a faite et transmise au monde occidental. « Un enseignement essentiellement littéraire fondé sur l’étude des auteurs, par une lente gradation dans les matières allant de la grammaire à la rhétorique, le tout complété par la philosophie et les sciences1. »

Chaque année du cours classique porte le nom de la formation principale à acquérir par l’élève. Ainsi la sixième année, première du cursus classique, se nomme Éléments latins parce qu’on y apprend les rudiments de la langue latine, la grammaire, la syntaxe, les déclinaisons et les conjugaisons. Les trois années suivantes, dites Syntaxe, Méthode et Versification, sont consacrées à l’apprentissage des notions de syntaxe française, latine et grecque, aux thèmes et aux versions. Les années de Belles-lettres et de Rhétorique se fondent sur la connaissance des grands auteurs. […] L’histoire antique et contemporaine, les arts et les sciences complètent la formation des élèves. Deux années de philosophie supplémentaires ajoutent des notions de logique, de mathématiques et de physique à la capacité de réflexion que les élèves ont acquise auprès de leurs maîtres à penser. Certains élèves devaient réussir une année préparatoire communément appelée dernière année avant d’entreprendre le cours classique.

Pour entrer au Grand Séminaire, il fallait avoir complété toute la formation du cours classique et avoir démontré les dispositions particulières requises pour le sacerdoce.

Le Séminaire de Québec a servi de modèle aux autres collèges classiques qui voient le jour dans une vingtaine de villes du Québec. « Les collèges québécois n’ont pas toujours compris un cours de grammaire et de lettres de six ans… La plupart des institutions classiques ont eu le souci de rendre service à la jeunesse du pays en créant des classes dites industrielles d’abord et commerciales ensuite… Il devenait urgent de donner aux jeunes des notions de comptabilité, de tenue de livres, d’anglais et autres connaissances pratiques pour la vie courante du commerce et des affaires2. » Le programme d’enseignement s’adaptera selon les besoins de la région où est installé le collège. Par exemple, le collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière ajoutera à son programme une formation en agriculture.

À partir de 1850, le Séminaire de Québec semble prédisposé à offrir un enseignement supérieur. Il jouit d’une très grande renommée grâce à la qualité de sa formation académique désormais comparable à celle des meilleurs collèges européens et américains.

En 1850, il compte 14 prêtres, 22 ecclésiastiques et 378 élèves répartis en dix classes. Le corps professoral, en plus des prêtres, des grands séminaristes, comprend 5 laïcs qui se partagent l’enseignement de l’anglais, du dessin et de la musique instrumentale. Le Séminaire possède en outre trois bibliothèques, dont l’une de 12 000 volumes à l’usage des professeurs, un laboratoire de physique et de chimie pourvu d’instruments modernes et la plus belle collection de minéraux au Canada3.

Le cours classique
CAPSULE : L’origine du quartier latin
CAPSULE : Pourquoi enseigner le dessin?
Chronologie - Vocation d’enseignement élargie
Chronologie - Privatisation : début d’une ère nouvelle
Liste des directeurs du Petit Séminaire de Québec et du Grand Séminaire


1Galarneau, Claude, Les collèges classiques au Canada français, Montréal, Fides, 1978, p.287.
2Galarneau, Claude, Les collèges classiques au Canada français, Montréal, Fides, 1978, 287 p.
3Noël Baillargeon, « 323 ans d’histoire, le Séminaire de Québec (1663-1988) », Cap-aux-Diamants, vol 4, no 1, printemps 1988, p. 15.