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Christian Chenail

INTERVIEWEUSE : Christian Chenail, pourquoi avez-vous privilégié les robes des années 1930 à 1960?

CHRISTIAN CHENAIL : L’élément déclencheur quand on m’a approché au Musée pour cette exposition-là, ça a été une image dans un film, à cause de Québec : les Plouffe de Gilles Carle, du début des années quatre-vingt, où on voyait Anne Létourneau, qui faisait Rita Toulouse, qui descend le grand escalier entre la haute-ville et la basse-ville, puisqu’elle porte une petite robe années quarante, bien sûr, genre imprimé cerise ou je ne sais plus quoi.

Je voulais exploiter ce côté quotidien du vêtement, le vêtement dans la rue, puis dans les époques que j’aime le mieux, trente, quarante, cinquante, soixante. Des époques qui, en quelque part, marquent mon travail de créateur, que j’ai exploitées dans le temps. Donc ça a focalisé sur des robes, mais des robes assez simples, ce ne sont pas des robes du soir, c’est des robes de jour, parfois un peu chic mais qui ont pu être portées, je ne sais pas, le dimanche, pour des occasions spéciales. Mais des petites robes, féminines, en fait ce que j’aime.

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INTERVIEWEUSE : Votre inspiration fut prolifique, puisque vous nous avez créé une seule robe mais deux. Qu’est-ce qui a influencé leur style et, bien sûr, le choix du rouge comme couleur?

CHRISTIAN CHENAIL : D’abord l’idée des deux robes, c’est que je voulais que ces deux robes-là se répondent, en fin de compte, parce que j’ai choisi beaucoup de robes dans la collection du Musée. J’en avais choisi, je pense, dix-neuf au départ. Puis on a ramené ça à quinze. Je trouvais que juste une pièce de moi c’était un peu léger comme apport. Alors il y a eu deux robes qui se répondent, c’est une variation sur le thème : des petites robes drapées qui sont très en harmonie finalement avec les choses que j’ai choisies. Elles sont un peu connotées années trente, en fait. Puis le rouge... J’aime le rouge, je l’emploie dans presque toutes les collections. Les robes que j’ai choisies, les robes historiques que j’ai choisies sont un peu fanées en fait, des demi-tons. Le rouge c’est un élément dissonant, qui se détachait un peu de la présentation d’ensemble.

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