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| Marie Saint-Pierre |
| INTERVIEWEUSE : Est-ce que c'est une expérience enrichissante pour une designer de mode daujourdhui, contemporaine? MARIE SAINT-PIERRE : Absolument. Moi jai trouvé que cétait un projet absolument, plus quintéressant. Jai trouvé que cétait un projet très « challengeant », de ne pas tomber non plus dans le côté costume, histoire du costume traditionnel, mais de trouver ce mode de langage qui fait quon peut présenter le travail et la collection du Musée sous un autre prétexte que, justement, la mode. INTERVIEWEUSE : Et vous, vous avez demandé aux gens du Musée, presque un tour de force là, parce que vous vouliez absolument que les pièces que vous aviez choisies et qui devaient être super protégées dans des cartons avec des papiers de soie, et cetera, soient présentées. Et on a réussi pour vous à faire ça. MARIE SAINT-PIERRE : Oui. En fait on a trouvé... Quand on ma dit que ce nétait pas possible, que les pièces que javais choisies, ils ne voulaient pas les présenter, jai dit « Ce nest pas possible quon ne puisse pas présenter, justement, ce côté-là de... » On na pas juste envie de montrer des pièces qui sont bien préservées, qui pourraient être encore, à la limite, « portables », qui auraient toujours la fonction quelles avaient à lépoque, mais de présenter plutôt des... - je ne dirais pas des lambeaux, parce quelles ne sont quand même pas dans cet état-là -, mais des pièces qui ont vraiment lusure du temps. |
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| INTERVIEWEUSE : Quand on regarde votre choix, on sent que votre choix sest arrêté sur des vêtements fragiles, toute cette fragilité des tissus, des dentelles... Quelle est lémotion que vous avez retenue, qui a fait que vous avez été séduite par ces vêtements-là plus précisément? MARIE SAINT-PIERRE : Bien en fait, tout laspect de la fragilité, je dirais même de la transparence en fait, de quelque chose qui, comme je le disais tout à lheure, a une deuxième vie de par le fait quon voit à travers, le fait quon ressent mieux, aussi, les marques du temps dans la fragilité de quelque chose qui est coulé dans le roc ou dans le béton. Et cest cet aspect-là de la mode qui mintéresse. Cest le côté matière. Cest le côté vulnérable de la matière, de la matière qui suse, de la matière qui défraîchit qui ma toujours attirée. |
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| INTERVIEWEUSE : Comment sexprime, justement, ce passage du temps dans votre création que vous avez réalisée pour cette exposition? MARIE SAINT-PIERRE : En fait, jai choisi une matière qui est tissée de fils métalliques, qui na pas besoin de support humain, en fait, pour se tenir, qui na pas besoin, justement, du mouvement humain pour traduire le mouvement dans une manche. Ou de par sa fibre métallique, on peut la travailler comme une sculpture, en fait. Ce manteau-là se travaille un peu comme une sculpture. En fait, la mode pour moi, il y a comme une espèce deffet instantané, de Polaroïd de vie qui perdure dans le temps pour toute autre raison que ce pour quoi elle a été faite en général. Et cette espèce de Polaroïd-là dun temps bien précis dans une utilisation bien précise avec une culture bien précise, cest un petit peu ce Polaroïd-là que javais envie dexprimer à travers cette pièce-là. |