Syrie


   

Pelles
Pelles

Toute société humaine, peu importe les structures sociales qu’elle se donne, cherche à assurer sa subsistance alimentaire, essentielle à la survie de l’espèce. D’où la quasi-nécessité, pour tout groupe humain qui veut augmenter et diversifier ses activités, d’inventer et d’intensifier des pratiques agricoles au lieu de se satisfaire de la chasse et de la cueillette des ressources alimentaires présentes dans son environnement immédiat.

hache
Hache
C’est en Syrie que la culture des plantes céréalières et l’élevage des animaux — deux conditions préalables à l’apparition d’une grande civilisation — furent expérimentés pour la première fois dans le monde. Les rendements furent tels que des surplus furent générés rapidement.
flûtes
Flûtes
Ces surplus visaient au départ à assurer la reproduction annuelle des plantes et des animaux, peu importe les contraintes saisonnières. En outre, ils permirent aux communautés d’entretenir des artisans spécialisés dans certaines tâches non liées à l’agriculture (la métallurgie, par exemple) et d’acquérir des produits non agricoles (les métaux, par exemple) en échange de ces surplus. À toutes les époques, même avec la mise en place de régimes politiques sophistiqués, la production agricole reste à la base de toute l’économie.

Poisson
Flacon
Le territoire offre également des matières premières (le silex, l’argile et le gypse) avec lesquelles il est possible de fabriquer des outils, des instruments et des ustensiles qui rendront certaines tâches plus faciles, principalement celles liées à la survie alimentaire de la communauté. Mais il n’y a pas que des objets utilitaires qui intéressent les premiers villageois de Syrie. Ils s’intéressent rapidement aux objets de luxe, d’abord fabriqués dans des matériaux locaux, puis dans des matériaux venus d’ailleurs dont ils apprennent à exploiter, au fil des siècles, les propriétés.

Chariot
Chariot

On pouvait acquérir ces objets de luxe en les échangeant contre d’autres biens, des denrées agricoles, par exemple, dont on intensifie la production pour créer des surplus à des fins commerciales. En outre, la position géographique du territoire syrien au Proche-Orient en fait un lieu de transit incontournable pour le commerce de longue distance, notamment grâce à la voie fluviale, l’Euphrate.

Récipient
Récipient et son scellement

La multiplication et la diversification des activités liées aux échanges commerciaux exigent très tôt la mise en place de modes de contrôle et de gestion. Aux moyens simples comme l’utilisation des sceaux pour sceller les produits échangés — méthode qui sera utilisée pendant toutes les périodes — s’ajoutent des moyens plus sophistiqués. À l’origine, on trouve de petits jetons en argile servant à comptabiliser les biens. Ce système va se transformer pour que, par la suite, on puisse identifier les produits échangés et non seulement la quantité de ces produits. Cela donne naissance aux premières formes d’écriture. Des cités commerçantes syriennes ont livré un nombre impressionnant de tablettes cunéiformes dressant des listes de produits échangés. Mais ces tablettes nous renseignent aussi sur les activités administratives, politiques et juridiques. Dans un souci d’efficacité, on en viendra à simplifier l’écriture cunéiforme en adoptant, notamment dans une ville portuaire de Syrie, un système alphabétique.

© Musée de la civilisation, 1999

   Haut de page