LA CAGE DE LA CORRIVEAU ENTRE DANS LA COLLECTION NATIONALE DES MUSÉES DE LA CIVILISATION À QUÉBEC

lundi 9 novembre 2015

La célèbre cage de la Corriveau intégrera la collection nationale sous la responsabilité des Musées de la civilisation.

Authentifiée, la cage de la Corriveau entre dans la collection nationale des Musées de la civilisation à Québec

La célèbre cage de la Corriveau intégrera la collection nationale sous la responsabilité des Musées de la civilisation. C'est ce qu'a annoncé ce matin, le directeur général de l'institution muséale, M. Stéphan La Roche, accompagné du président de la Société d'histoire régionale de Lévis, M. Vincent Couture et du maire de Lévis, M. Gilles Lehouillier. Les résultats de l'expertise, juxtaposés les uns aux autres, ont en effet tous convergé vers son authentification. La rigueur de la démarche a rapidement persuadé le Peabody Essex Museum de procéder à un transfert de propriété.

M. La Roche a mentionné que « cette expertise nous mène au-delà des nombreuses légendes que cet objet a engendrées. Elle vient confirmer que nous sommes en présence d'un témoin et d'un symbole majeur de notre histoire en y apportant une lumière nouvelle et une meilleure compréhension de l'évolution de notre société. La cage de la Corriveau mérite donc une place parmi les objets phares de la collection nationale. Je me réjouis de ce résultat issu d'une belle collaboration avec la Société d'histoire régionale de Lévis qui fut l'instigatrice de cette dernière étape du parcours de la cage. »

M. Vincent Couture a renchéri en affirmant que « la Société d'histoire régionale de Lévis a vu juste en partageant sa découverte avec les Musées de la civilisation. L'intégration de la cage au patrimoine québécois est devenue un objectif commun et nous pouvons dire aujourd'hui : mission accomplie » !

« Cette collaboration interrive entre les Musées de la civilisation et la Société d'histoire régionale de Lévis est tout à fait remarquable. Le sort réservé à Marie-Josephte Corriveau constitue un pan important de notre histoire. Le processus menant à la découverte et à l'authentification de sa cage est tout aussi captivant et contribuera certainement à conserver la mémoire de ce personnage marquant pour les générations à venir », a déclaré monsieur Gilles Lehouillier, maire de Lévis.

Les experts se sont prononcés

Au cours de 2014, quatre experts se sont penchés sur l'objet et l'ont analysé selon leur champ respectif de compétences. D'abord, l'historienne Catherine Ferland a pu établir une solide chronologie de sa trajectoire du Québec aux États-Unis, entre le milieu du 19e siècle et le milieu du 20e siècle, à partir de documents d'archives, de mentions et de photos parues dans divers périodiques. Par ailleurs, l'objet est très rare dans notre histoire. On dénombre un seul autre cas de « gibetting » à Montréal.

Au plan de la facture de l'objet, les experts en forge traditionnelle, Youri Harvey et Martin Dauphinais, ont conclu que les techniques de forge et de fabrication du gibet correspondent parfaitement aux usages du 18e siècle, notamment par l'utilisation de la soudure à chaud, méthode très répandue à cette époque. De plus, à l'analyse des archives du tribunal militaire, les Anglais semblent pressés de se débarrasser de ce procès, ce qui porte à croire que les pièces utilisées étaient des pièces recyclées composées majoritairement de fer. Par exemple, les plus larges bandes pourraient être celles utilisées pour cintrer les roues de charrettes. Les deux experts estiment que la cage a pu être assemblée en moins de 48 heures par un habile forgeron qui maîtrisait parfaitement son métier.

À ces avis, s'ajoute celui de Jérôme Morissette, expert en conservation et analyse des métaux et anciennement du Centre de conservation du Québec. Il s'est attardé aux produits de corrosion sur les surfaces de l'artefact faisant remarquer qu'une telle homogénéité, une telle densité et une telle adhérence aux surfaces ne s'acquièrent qu'au cours de nombreuses décennies d'enfouissement. Ce qui exclut la thèse d'une fabrication avec des pièces déjà rouillées et corrodées qui auraient laissé des traces d'intervention et de fissures.

Ainsi, tous ces indices, juxtaposés et liés les uns aux autres, ont convaincu les membres du comité scientifique de la véracité de la cage, malgré l'inexistence de substances pouvant révéler l'ADN de la Corriveau.

La Corriveau. De la noirceur à la lumière

Au moment où se déroulent les événements, la mise au gibet est en désuétude dans le monde français tandis que le « gibetting » est légalisé par le Murder Act adopté en Grande-Bretagne, en 1752. En 1763, s'opère la transition entre le régime français et le régime anglais. Le pouvoir militaire gère le pays incluant la justice. Totalement inhabituelle et effroyable aux yeux des gens qui croyaient que l'âme errait pour l'éternité, une telle sentence a nul doute contribué à l'éclosion de nombreuses légendes transmises tant par le conte oral que par la littérature et le cinéma.

Pour départager la réalité de la légende, la population est invitée à assister à l'événement La Corriveau. De la noirceur à la lumière, présenté du 11 au

15 novembre, de 10 h à 17 h dans les voûtes de la Maison historique Chevalier. Entourée de documents inédits d'archives provenant des collections des Musées de la civilisation, la cage de la Corriveau se révélera au grand jour lors de cette visite animée. Coût : 6 $ /Abonnés des Musées, étudiants et membres de la Société d'histoire régionale de Lévis : 4 $.

En complément, deux conférences sur le sujet sont offertes en compagnie des experts qui ont participé à l'authentification de l'objet :

Le mardi 10 novembre, La cage de la Corriveau, trouvailles et authentification à L'Anglicane de Lévis - À 19 h. Contribution volontaire. Réservations requises au 418 643-2158.

Le mercredi 11 novembre, La Corriveau, entre histoire et légende au Musée de la civilisation - À 19 h. Réservations requises au 418 643-2158. Coût : 6 $ /Abonnés des Musées, étudiants et membres de la Société d'histoire régionale de Lévis : 4 $.

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Renseignements :          

Québec – Agnès Dufour, 418 528-2358; adufour@mcq.org

Montréal – Rosemonde Gingras, 514 458-8355; rosemonde@rosemondecommunications.com

– Musée de la civilisation –

85, rue Dalhousie
Québec (Québec) G1K 8R2
T. 418 643-2158
S. F. 1 866 710-8031

– Musée de l'Amérique –
francophone

2, côte de la Fabrique
Québec (Québec) G1R 3V6
T. 418 643-2158
S. F. 1 866 710-8031