Esprits libres

mardi 15 octobre 2013

En réalisant l'exposition Esprits Libres, le Musée de la civilisation à Québec permet d'emprunter cette approche profondément humaine et de s'interroger sur les frontières de l'art et du non-art, du beau et du laid...

La beauté, l'utopie et, surtout, la liberté sans filtre!

« Je rejette toutes ces classifications-là qui, au fond, quand on les regarde et qu'on les examine un peu, sont extrêmement méprisantes. Cela fait finalement, du milieu des critiques, des historiens de l'art, une espèce de Clergé de la Culture, qui décide s'il faille allumer des cierges ou pas ». C'est en ces termes que l'homme, épris de liberté qu'était Pierre Gauvreau, exprimait son amour pour l'art populaire et pour ses créateurs, afin qu'ils soient reconnus comme des artistes à part entière. En réalisant l'exposition Esprits Libres, le Musée de la civilisation à Québec permet d'emprunter cette approche profondément humaine et de s'interroger sur les frontières de l'art et du non-art, du beau et du laid, des contextes de création, et de découvrir des portraits d'hommes et de femmes trop souvent qualifiés de marginaux, tout en laissant place aux œuvres qui parlent d'elles-mêmes! Esprits libres, présentée jusqu'au 8 février 2015.

Cultiver son imaginaire comme on cultive la terre
Le coup d'envoi parfait pour introduire le visiteur à cet univers foisonnant de formes, de couleurs et de créations débridées est le tableau Le paradis au milieu de mes jours de Charles Binamé, qui a su saisir l'harmonie profonde de Gauvreau au milieu de son jardin où fleurit non seulement une flore luxuriante, mais également, çà et là, des œuvres d'art populaire. Le créateur cultivait son imaginaire comme la terre! À la demande de son ami, Gauvreau a participé à l'œuvre en peignant le tableau dans le tableau. Et, pour ajouter à la folie créatrice qui attend le visiteur dans la salle, les œuvres d'Albert Roy, La Pin-up et Le poisson, surgissent du tableau.

Beauté, liberté, indiscipline et tradition revisitée : quatre cadres thématiques
S'en suit une mise en valeur circulaire, divisée en quatre cadres thématiques, où toutes les œuvres attirent le regard! Le premier cadre, Création et beauté, nous entraîne dans le jardin de Marie-Anna Voisine, de Saint-Pascal de Kamouraska, qui « ne voulait pas imaginer les autres mais s'imaginer elle-même! » Cette affirmation de soi, elle la faisait dans son jardin ainsi qu'à travers ses vitrines vibrantes de matériaux disparates, de couleurs et de formes. En arrière-plan, la toile de Janine Carreau reflète ces amalgames exotiques et rend un hommage particulier à cette créatrice hors normes. Ce type de clin d'œil à l'artiste, Pierre Gauvreau le fait également avec Les vacances d'un cyclope dans le deuxième cadre consacré à la liberté. Son tableau n'est pas sans rappeler les couleurs légères qu'affectionnait particulièrement Edmond Châtigny. Cet agriculteur s'inspirait de son quotidien pour sculpter des œuvres magistrales tout comme Alphonse Grenier à l'imaginaire débordant mais plus sombre, dont « sa boîte à bonhommes », inspirée de scènes de mort violente et de tuerie.


Intitulé Indomptable et indiscipliné, le 3e cadre thématique est consacré à l'œuvre de Bruno Champagne, artiste actuel qui, comme Gauvreau, crée en portant un regard critique sur la société. Que ce soit Le con-damné (Diable), Le sapin de guerre, l'immense jeu d'échec D Génération X ou Le 100 abris, chaque œuvre de Bruno Champagne est un éditorial en soit.

Le dernier cadre thématique est celui qui démontre que la tradition n'est pas complètement évacuée de l'art populaire. Au contraire! Légende (Chasse galerie), événement (Carnaval), personnages historiques ou célébrités (Jacques Cartier, Mad Dog Vachon) et religion inspirent les artistes qui les revisitent avec leur vision bien personnelle. Gauvreau s'est souvent prêté à ce jeu comme en témoigne sa composition Five O'clock Mary faite à partir d'une image sainte récupérée et de formes abstraites, revisitant ironiquement la tradition religieuse et culturelle québécoise.

Un parterre suspendu
Pour compléter ce tour d'horizon peu commun, le centre de la présentation propose aux plus curieux un parterre suspendu. Au-dessus des œuvres plane un magnifique lustre de Raynald Tremblay, tandis que dessous, des documents d'archives du couple Carreau-Gauvreau (photographies de portraits, anecdotes, courts films) et un montage vidéo de quelques portraits singuliers d'artistes populaires, mis à nu sous la caméra documentaire de Gauvreau en 1974 dans sa série produite par Télé-Québec Si l'monde savait, permettent de découvrir les pratiques de création d'artistes populaires tout comme les extraits du film L'immortalité en fin de compte, création documentaire touchante de Pascale Ferland sur l'art populaire québécois.

Atelier Le jardin aux oiseaux
Nul doute que les enfants seront interpellés par une telle exposition! Ce pourquoi un atelier de création d'un jardin aux oiseaux, à partir de matériaux de récupération, a été concocté pour les élèves du préscolaire.

L'exposition Esprits Libres est une occasion précieuse de se questionner sur les pratiques et la reconnaissance de l'art populaire et de ses créateurs et, surtout, d'apprécier sans filtre la beauté, l'utopie et la liberté! Du 16 octobre 2013 au 8 février 2015, au Musée de la civilisation à Québec. Alcoa est partenaire de l'ensemble de la programmation du Musée de la civilisation.

Informations supplémentaires :
Crédit de l'exposition
• Concours La Volière du Musée de la civilisation


Relations de presse :
Québec : Agnès Dufour 418 528-2358; courriel : adufour@mcq.org
Montréal : Rosemonde Gingras, 514 458-8355; courriel : rosemonde@rosemondecommunications.com

– Musée de la civilisation –

85, rue Dalhousie
Québec (Québec) G1K 8R2
T. 418 643-2158
S. F. 1 866 710-8031

– Musée de l'Amérique –
francophone

2, côte de la Fabrique
Québec (Québec) G1R 3V6
T. 418 643-2158
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