Hovenden Walker (˜ 1666 - ˜ 1725)

1711

Irlandais d’origine, Hovenden Walker serait né vers 1666. Après de brèves études, il opte pour une carrière dans la marine britannique. Il participe d’abord à des expéditions contre les Français dans les Antilles et en Europe, à titre de commandant. Promu commodore puis amiral, il est choisi pour commander une attaque contre Québec. Au début des années 1710, les Britanniques gardent espoir de s’emparer de la Nouvelle-France canadienne. La France et la Grande-Bretagne sont de nouveau en guerre. Les colonies leur emboîtent le pas.

Les Britanniques planifient alors une attaque contre Québec, organisée cette fois depuis la métropole et la Nouvelle-Angleterre. Ils prévoient combiner l’attaque navale, en suivant le fleuve Saint-Laurent, et l’attaque terrestre, en passant par le bassin du lac Champlain. Cependant, la navigation demeure une entreprise délicate sur le fleuve Saint-Laurent… Walker dispose d’une flotte et d’une armée considérables : une centaine de vaisseaux et quelque 12 000 soldats et marins. Son second, Francis Nicholson, commande une armée composée d’environ 2 000 hommes de la Nouvelle-Angleterre qui doivent les rejoindre à Québec.

Parti de Grande-Bretagne, Walker jette l’ancre à Boston, puis se dirige vers Québec. Il dispose des services de capitaines britanniques et de Français ayant changé d’allégeance. Plusieurs navires s’échouent en remontant le fleuve Saint-Laurent et des centaines d’hommes meurent noyés. Désorienté, Walker ordonne la retraite. Diminuée, la flotte retourne en Europe. Pendant ce temps, Nicholson, mis au fait des nouvelles, annule son expédition. À noter qu’en 1711, lorsque la nouvelle de l’échec de l’expédition de Walker atteint Québec, les habitants s’en réjouissent et tiennent à marquer l’événement : on renomme l’église Notre-Dame-de-la-Victoire, appelée ainsi après le siège de Phips de 1690, « Notre-Dame-des-Victoires ».

Malgré son échec, Walker reçoit le grade de commodore pour la Jamaïque. Il s’y installe, mais doit retourner peu après en Grande-Bretagne pour témoigner de son échec. Craignant d’être jugé pour les erreurs commises en 1711, il quitte la mère patrie et émigre en Caroline du Sud. Avant son décès, survenu vers 1725, il rédige le récit de son expédition pour justifier ses actions et raconter son périple.

SUGGESTIONS DE LECTURE

GRAHAM, G. S. « Walker, Sir Hovenden », Dictionnaire biographique du Canada, t. II : « De 1701 à 1740 », Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1969.

WALKER, H. The Walker Expedition to Québec, 1711, édition introduite par G. S. Graham, Toronto, The Champlain Society, 1953.