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Sauvegarde du patrimoine

De 1960 à 1980

Jusqu’au début des années 1960, Place-Royale et les quartiers voisins, le Petit-Champlain en particulier, sont laissés à l’abandon. Ils font désormais partie des secteurs défavorisés de la ville. Se souvient-on de l’importance qu’a eue le site fondateur de Québec au fil des siècles?

Progressivement, le milieu des affaires de Québec et le gouvernement du Québec s’y intéressent. Ils réalisent désormais la valeur de Place-Royale en tant que lieu de mémoire et de préservation de ses habitations centenaires.

Recréer le passé et la vitalité de Place-Royale

L’idée de recréer et de revitaliser le quartier se concrétise en 1957 avec une première reconstruction, celle de l’hôtel Chevalier (maison Chevalier) qui marque le coup d’envoi des grands travaux à venir. On entreprend ensuite la reconstruction ou la restauration des bâtiments suivants : la maison Fornel, l’hôtel Louis XIV, l’église Notre-Dame-des-Victoires ainsi que les maisons Milot, Leduc, Beaudoin, Leber et plusieurs autres. De 1957 à 1970, le gouvernement devient propriétaire d’une cinquantaine de maisons que le ministère des Affaires culturelles doit alors démolir, restaurer ou rebâtir entièrement.

Année marquante dans l’histoire de Place-Royale : 1964. Cette année-là, la Chambre de commerce de Québec vote une résolution pour constituer une corporation sans but lucratif chargée de démarrer un programme de restauration de Place-Royale. Créée et incorporée en 1965, la Société Place-Royale de Québec inc. (devenue la Société de la Place Royale de Québec) commande des études de faisabilité et de rentabilité. En 1966, l’année même de l’annonce du projet de revitalisation et de reconstruction du quartier par cette société, l’incendie qui rase l’hôtel Louis XIV démontre à quel point il est temps de prendre en charge des bâtiments anciens. L’année suivante, un autre incendie éclate, rue Saint-Pierre, ce qui mène à de nouveaux chantiers.

Le gouvernement du Québec prend alors la relève de la Société de la Place Royale de Québec. Il organise et chapeaute des travaux qui s’échelonneront sur trois décennies. L’inauguration officielle de Place-Royale a lieu le 3 juillet 1972. Des représentants du gouvernement provincial et de la mairie de Québec y assistent pour souligner l’envergure et l’impact du projet : Robert Bourassa, premier ministre du Québec, Claire Kirkland-Casgrain, ministre des Affaires culturelles, et Gilles Lamontagne, maire de la ville.

Tout au long des décennies suivantes, Place-Royale affirme sa caractéristique propre de quartier historique d’une valeur patrimoniale inestimable doublé d’un environnement culturel offrant des festivals, des activités familiales, des spectacles, des musées, des galeries d’art, etc. Sa nouvelle image suscite le meilleur accueil des Québécois et des touristes du Québec et d’ailleurs.

Situer Place-Royale parmi les grands témoins d’histoire

En 1989, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) devient propriétaire de l’ensemble immobilier et poursuit l’œuvre de restauration jusqu’à son achèvement en 2008. Le quartier est transformé et un certain nombre de bâtiments se verront attribuer une nouvelle fonction. Ainsi, à la suite d’un concours d’architecture, la SODEC restaure en 1998-1999 les maisons Hazeur (construite en 1684) et Smith (construite en 1739) pour loger le Centre d’interprétation de Place-Royale.

L’ensemble des travaux de revitalisation de Place-Royale réalisés par le ministère et la SODEC  et les efforts de préservation du patrimoine architectural du Vieux-Québec donnent un tout nouveau souffle à l’arrondissement historique. La communauté internationale prend alors conscience de l’originalité et de la valeur patrimoniale du site. En 1985, l’arrondissement reçoit la prestigieuse reconnaissance du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO et figure désormais sur la liste des villages et villes du patrimoine mondial. Un tel classement s’avère bénéfique pour la ville de Québec qui y gagne une visibilité accrue sur la scène internationale et sur le plan du tourisme. L’intégration au complexe muséal du Musée de la civilisation de la maison Estèbe (construite en 1752) et de la Banque de Québec (fondée en 1818; l’immeuble date de 1863) et son ouverture, le 19 octobre 1988, répand encore davantage le renom de Place-Royale.

Implanter à Place-Royale un musée novateur ouvert à tous

Le Musée de la civilisation est construit dans le quadrilatère des rues Saint-Pierre, Dalhousie, de la Barricade et Saint-Antoine. S’y trouvaient jadis les entrepôts de la compagnie Garneau ltée, spécialisée dans l’importation de tissus. Le 18 novembre 1999, le complexe du Musée de la civilisation intègre le Centre d’interprétation de Place-Royale1 à titre de nouvelle composante. Aujourd’hui, l’institution regroupe aussi le Musée de l’Amérique française, la maison Chevalier et la Réserve muséale de la Capitale-Nationale.

 

 

SUGGESTIONS DE LECTURE

CLOUTIER, A., M. GOBEIL-TRUDEAU et L. NOPPEN. La restauration à la Place Royale de Québec : une étude sur les concepts et sur la nature des interventions […], Québec, Art ancien du Québec-Université Laval, 1978.

CÔTÉ, Renée.Place-Royale, quatre siècles d’histoire, texte révisé et augmenté par Mathieu d’Avignon, Montréal et Québec, Fides et Musée de la civilisation, 2000.

SIMARD, Claire (dir.). Visite libre, les 20 ans du Musée de la civilisation, Montréal et Québec, Fides et Musée de la civilisation, 2009.

 


1 Voir « L’inauguration du Centre d’interprétation de Place-Royale en 1999 ».